Terrence Amadi… On est toutes d’accord qu’il ne nous laisse pas indifférentes, surtout par son excellent jeu d’acteur (notamment dans la série Eki diffusée sur CANAL+) et « accessoirement » son sourire à tomber. Justement, nous avons tombé les masques avec lui. Et si ça vous dit de tout savoir sur le bel Hugues Madéké et l’homme derrière le personnage, allez vite aux lignes suivantes.
Bonjour Hugues. Tu es vraiment un personnage complexe, tiraillé entre son ambition et son amour pour Eki. Comment Terrence arrive à naviguer entre ces deux facettes ?
Hugues Madéké est vraiment un personnage que j’interprète avec beaucoup de plaisir. Je remercie d’ailleurs Nelly Obono de m’avoir donné cette opportunité.
Il est tellement charismatique, fort, puissant et en parallèle, il éprouve cet amour fou et passionnel pour le personnage d’Eki, depuis sa plus tendre enfance et c’est vraiment ce facteur qui peut le perturber et le faire vaciller dans sa quête de pouvoir.

C’est un personnage que j’ai minutieusement préparé depuis la saison 1, que ça soit au niveau de sa voix, de sa démarche, de sa gestuelle, tout est calé et carré. A tel point qu’il me suffit d’enfiler le costume d’Hugues Madéké pour qu’automatiquement mon visage change, mon regard devienne différent. Je l’adore et je répondrai présent chaque fois qu’on me demandera de renfiler ce costume.
La tension entre Hugues et Jérémie est palpable. Comment as-tu travaillé ces scènes de rivalité ? Et dans la vraie vie, es-tu du genre compétitif, en amour ou ailleurs ?
Effectivement il y a toujours eu cette tension entre ces deux personnages depuis la saison 1 mais elle se trouve dans cette saison encore plus exacerbée.
On s’est vraiment amusés avec Joaquim Tivoukou (l’interprète de Jérémie Tsanga) à jouer cette rivalité d’autant que dans la vraie vie, nous sommes très proches et nous nous entendons très bien. Cela nous a permis d’aller encore plus loin dans les piques, les petites provocations, c’était une vraie partie de plaisir pour nous deux. Sur le plateau on s’adressait très peu la parole, on aimait rester dans cette dualité, mais dès que c’était la fin de journée, on redevenait des « Brothers » et on reprenait nos affinités.
Dans la vraie vie, je suis un compétiteur dans l’âme pour gagner un jeu ou un match. Normal ! J’ai été sportif de haut niveau. Donc j’adore gagner et j’ai horreur de la défaite… Mais pas en amour. Je pense qu’il ne faut rien forcer en amour. Ça doit se faire naturellement. Et si tu entres dans ce jeu compétitif ça peut vite devenir malsain et nocif.
Si on te demandait 3 révélations inédites sur Hugues pour cette saison 2 ?
On va faire ça prudemment pour éviter les spoils, mais je dirais : ambitieux, surprenant, sûr de sa force.

A présent, 3 révélations inédites sur Terrence. Parce que c’est vrai que ton visage, on le voit de plus en plus, dans des séries à succès, mais de toi, on ne sait pas grand-chose
Terrence est un grand voyageur. J’adore voyager découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures. Du coup, je connais pas mal de choses issues des autres pays. Alors quand j’arrive à allier mon métier d’acteur avec les voyages, comme avec Eki, je suis le plus heureux.
Terrence déteste l’hypocrisie. En général quand quelque chose ne me plaît pas, cela se lit directement sur mon visage. Bien que je sois comédien, je ne sais pas tricher dans la vraie vie. Je ne sais pas cacher mes émotions et mes sentiments et ça peut me jouer des tours dans mon métier ou beaucoup de choses et de personnes sont assez « fakes ». Mais avec l’âge et l’expérience, je fais des progrès et des efforts, ça fait partie du game. Il faut apprendre à être très joueur et à fréquenter des personnes dont tu sais qu’elles ne te veulent pas que du bien.
Terrence est plutôt simple et solitaire. Paradoxalement à la vie de paillettes et aux nombreuses personnes que je peux rencontrer de par mon métier, je suis une personne qui aime les moments purs, simples de la vie. J’aime bien passer du temps avec mes amis, devant un bon plat ou aller seul dans un musée, au cinéma ou même me faire un p’tit voyage en solo.
Chaque fois que nous avons donné la parole aux hommes sur nos canaux, ils nous ont dit presque la même chose : « Enfin, on s’intéresse à nous ». Est-ce un avis que tu partages ? Trouves-tu que les hommes sont lésés – par rapport aux femmes – en ce qui concerne le traitement dans les médias des thématiques qui vous sont propres ?
Non on n’est pas lésés. C’est une question de culture et de choses ancrées dans les têtes depuis longtemps . Mais je trouve que ça se démocratise au fil du temps. Je pense que la clef c’est d’arrêter avec cette opposition permanente homme/femme. Les femmes sont plus ceci… Les hommes sont moins cela… Il est temps de voir les choses avec plus d’ouverture d’esprit même si on est tous d’accord qu’hommes et femmes sont très différents.
Pourquoi on ne devrait manquer aucun épisode d’Eki Saison 2 ?
Parce qu’il y a une grosse intrigue, parce qu’il y a un magnifique casting panafricain qui reflète la richesse de notre paysage cinématographique et parce qu’il y a de superbes images.
Et pour finir, nous sommes en plein dans les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre. Penses-tu que les personnes publiques ont un devoir de prendre position sur la question ? Pour cette édition 2024, quel est ton message ?
On a tous un devoir de prendre position. Nous sommes en 2024 et il est temps que les mentalités évoluent dans la bonne direction.
Mais il est evident qu’en tant que personnalité publique, et homme, je me dois d’utiliser mon statut et de mettre en avant ma parole. D’autant que j’ai beaucoup de personnes de la gente féminine dans ma famille. De plus j’ai une petite fille et j’aimerais que lorsqu’elle sera adulte les choses se soient améliorées de ce point de vue là.
J’ai pu constater notamment par le biais de ma mère, au Mali, que la place des femmes est loin d’etre évidente. Elles ont beaucoup de mal à se faire une place ou à être prises au sérieux et c’est quelque part une autre forme de violence basée sur le genre. Cette manière de ne pas considérer une femme de la même manière qu’un homme, encore plus si cette dernière est veuve. Il y a vraiment un énorme chantier de ce point de vue.
C’est pour ça que je suis très admiratif de toutes ces femmes fortes qui arrivent à soulever des montagnes dans des pays assez “misogynes“ à l’image de ma mère qui a créé une école au Mali mais pas que. Il se passe des choses horribles et révoltantes et la preuve est qu’on ait dû instaurer ces 16 jours d’activisme afin d’éveiller les consciences. Bien que je sois une personne très « Man power », je suis très sensible à ces sujets et du coup j’ai une profonde admiration pour les femmes. Dans mes connaissances personnelles, il y en a beaucoup de femmes que j’admire sincèrement, comme Marguerite Abouet, Kalista Sy, Aissa Maïga pour ne citer qu’elles. Car elles m’impressionnent. J’ai beaucoup de respect pour les femmes qui se battent et vont au bout de leurs rêves et de leur ambition.


