Former les jeunes filles aux sciences : Entretien avec Dr Assanvo, co-organisateur de STEM GIRLZ

Aujourd’hui, les filles sont plus nombreuses à aller à l’école, mais elles n’ont pas toujours les mêmes chances que les garçons de terminer et de bénéficier d’une éducation de leur choix. Trop de filles et de femmes sont freinées par des préjugés, des normes sociales et des attentes qui influencent la qualité de l’éducation qu’elles reçoivent et les matières qu’elles étudient. Elles sont particulièrement sous-représentées dans l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM), et par conséquent dans les carrières STEM. Dr Assanvo est enseignant-chercheur à l’Université Nangui-Abrogoua et président de l’ONG Eburnie Mobile STEM Lab. Avec MTN Côte d’Ivoire et l’ONG Dynamiques et Excellentes d’Afrique, il a coordonné la formation aux STEM de plus de 200 filles du Collège Moderne Songon et du Groupe Scolaire Les Pingouins d’Abobo lors du programme STEM GIRLZ. Nous avons rencontré ce fervent défenseur de l’inclusion féminine dans les filières scientifiques. 

Veuillez vous présenter aux Ayanas

Je suis Dr. Assanvo. J’ai un PhD en génie des matériaux. Je suis également le président de l’ONG Eburnie Stem Mobile Lab, créée en 2018 par un ensemble d’experts, de docteurs, d’enseignants et d’ingénieurs dans le domaine des sciences, technologies et ingénieries. Le siège social de l’organisation se trouve à Songon. 

Comment vous êtes-vous retrouvé à prendre part au programme STEM GIRLZ ? 

STEM GIRLZ, c’est une idée de MTN Côte d’Ivoire pour sensibiliser et encourager les filles à s’orienter dans les filières scientifiques. Avant ça, j’avais contacté MTN à plusieurs reprises pour des projets dans les STEM. Donc j’étais déjà en contact avec MTN. Depuis 2016, je suis un moniteur volontaire des STEM à l’ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire. Avant la crise sanitaire de 2020, on organisait des Camps STEM exclusivement dédiés aux jeunes filles. Nous formions 50 à 60 filles à travers toute la Côte d’Ivoire. On faisait l’appel à candidature sur le site de l’ambassade et les jeunes filles ou les parents qui désiraient faire participer leurs enfants s’inscrivaient. À la suite d’un test, les filles sélectionnées étaient formées pendant 3 à 4 jours à l’Université de Grand-Bassam. 

Qu’apprenez-vous concrètement à ces jeunes filles lors des formations ? 

C’est le moment de mieux expliquer le terme STEM. STEM veut dire Science-Technologie-Engineering (ingénieurie)-Mathématiques. Par conséquent, lorsqu’on dit qu’on fait les STEM, on doit faire la science (biologie, chimie, physique), les technologies, l’informatique et les mathématiques. Je cherche à organiser le domaine des STEM en Côte d’Ivoire. Et à l’occasion, il y a plusieurs structures avec lesquelles j’ai pu discuter. Elles disent faire les STEM alors qu’elles ne font que les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Mais les TIC, ce ne sont pas les STEM. Les STEM, c’est l’intégration de ces 4 matières qui forment les STEM. J’ai été aux USA pendant 1 mois où j’ai été formé dans ce domaine. Je fais les formations aux STEM exactement comme elles sont faites aux États-Unis. Moi, en tant que première responsable de l’ONG, j’ai une vue sur tous ces “modules”. Et actuellement, je suis en train de faire intégrer la dernière lettre qui est A. Maintenant, au niveau des grands pays, ils ne sont plus à l’état des STEM mais plutôt des STEAM. Le A tient pour Art (architecture, 3d, art graphique…). L’idéal est d’aller vers les STEAM. 

Qu’est-ce qui vous motive à initier les jeunes filles aux sciences ? 

J’ai été enseignant de chimie en Inde. Et là-bas déjà, il y avait ce stéréotype entre les jeunes garçons et les jeunes filles. Nous y avons créé un programme pour encourager ces filles à s’intéresser aux sciences. Revenu en Côte d’Ivoire, j’ai jugé bon de reprendre ce programme parce que j’ai également constaté qu’à l’université, nous avons moins de filles. Mais elles ont la même capacité intellectuelle que les hommes. Pourquoi ne pas faire un programme pour montrer à nos petites sœurs que la science n’est pas un mythe et qu’elle n’est pas dédiée qu’aux hommes ? Les femmes peuvent embrasser les carrières scientifiques et avoir un bon avenir dans ce domaine. 

Qu’avez-vous remarqué chez les participantes au programme STEM GIRLZ ? Quel en a été l’impact sur leur état d’esprit ? 

J’ai été surpris. Je suis très enthousiaste en voyant le comportement et la réaction spontanée de nos filles. Quand elles enfilent les blouses, elles se disent “ Moi demain, je serai un médecin”. À leur âge, c’est une observation à ne pas négliger.  On sent la joie. Nous avons vu une volonté forte et la capacité de ces jeunes filles – surtout celles des classes de Quatrième – à pouvoir programmer un robot. Pourtant, la programmation est souvent réservé aux étudiants de première et deuxième année. À leur niveau, elles ont pu le faire et en redemandait. Lorsqu’on leur a annoncé que le programme était terminé, elles ont dit : “monsieur, s’il vous plaît, même si en vacances, nous allons continuer. ” Je tiens sincèrement à remercier MTN Côte d’Ivoire et espère que ce projet se perpétuera et qu’on pourra toucher un plus grand nombre de filles. 

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