Rencontre avec Mariétou M.Diakité, iniatrice de la Bamako Fashion Week

Après New York, Londres, Milan et Paris, c’est au tour des capitales africaines de se revendiquer places fortes de la mode,  et d’organiser leurs propres événements. La première édition de la Bamako Fashion week avait lieu fin février au Mali. Une manifestation que l’on doit à Mariétou Maïga Diakité, dit Tatou, de l’Alliance des Couturiers et Créateurs de mode du Mali (ACCM), et créatrice de la marque Évidence Couture.

Comment la marque Évidence Couture est-elle née ?

Initialement, j’étais assistante de direction. Mais cela fait vingt ans ans je crois en la mode malienne. J’ai donc créé ma griffe, Évidence. C’est à la fois un groupe et un centre de formation, qui a également des antennes à Abidjan (Côte d’Ivoire) et New York (États-Unis). J’ai aussi un atelier de couture et deux boutiques. Le centre de formation va fêter ses deux ans en août prochain. On y obtient un C.A.P en trois ans, mais il y aussi un département de formation intensive. Avec mon association, l’ACCM, nous sommes déterminés à faire de la mode un vecteur de croissance économique au Mali.

Comment l’idée de monter la Bamako Fashion week vous est-elle venue ?

Lorsque j’ai défilé avec ma compatriote styliste Mariah Bocoum lors d’un événement dédié à la coiffure. Nous avons dressé ensemble un triste constat : il existait un vide au niveau de la mode au Mali. Nous avons mis six mois à nous organiser et à créer une association lancée en janvier 2014, puis nous avons lancé la Bamako Fashion week.

La mode est-elle morte au Mali ?

Nous avons de nombreux créateurs de talents, mais il y a encore beaucoup à faire en ce qui concerne la visibilité… Il n’y a par exemple aucune émission de mode à la télévision malienne ! Prenons l’exemple de Mariah Bocoum, créatrice de la marque Les Péchés mignons : elle est plus connue à l’étranger qu’ici ! Pour changer la donne il faudrait davantage d’événements liés à la mode. On va tout faire pour pérenniser la Bamako Fashion week. Il faut encourager les jeunes, les mettre en compétition de façon constante, stimuler leur créativité. Les stylistes de demain doivent sortir de l’ombre de leur atelier !

Quel bilan dressez-vous de cette première Bamako Fashion week ?

Nous avons reçu le soutien de créateurs venus de toute l’Afrique et d’Europe. C’était incroyable. Une dizaine de stylistes locaux des plus prometteurs ont mis en lumière la mode “Made in Mali” et j’en suis très fière.

Comment avez-vous financé ce projet ?

Le budget prévisionnel de l’événement était de 83 millions de FCFA, mais le Ministère de la Culture a demandé qu’il soit réduit à 55 millions. Finalement, ce sont des partenaires, des grandes entreprises et des donateurs qui ont permis de récolter ladite somme. L’État malien ne nous a pas soutenus car ici, on ne croit pas assez en la mode. Espérons que ce premier succès fasse évoluer les choses ! L’État n’a pas encore compris notre message : derrière le côté festif, il y a de la création d’emplois.  Pour ma part j’emploie une trentaine de personnes !

Quelles sont les matières qui vous plaisent le plus ?

J’aime le wax, mais je suis aussi fascinée par le pagne “dogon”. Comme c’est une matière lourde, elle est difficile à travailler. En ce moment, je fais des recherches pour garder la texture du tissu tout en l’affinant. Il y a des motifs extraordinaires à exploiter !

Quels sont vos goûts personnels en matière d’habillement ?

Pour ma part, j’aime les robes longues, près du corps. Je suis moins fan des robes courtes. L’avantage avec les robes longues, c’est qu’on peut les porter à toute heure. Côté couleur, j’aime le rouge et je tends vers le noir.

Par Ekia Badou


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