A l’entendre, on dirait que c’est une jeune fille ordinaire. Fan de Rihana, de musique, de chant, d’art en général… Donia n’est pourtant pas une ado comme les autres. Créative et passionnée de mode, elle a décidé avec l’aide de sa mère, de lancer sa marque D.Taylor. Très précise sur la vision de cette, Donia allie cours au lycée et stylisme. Rencontre avec la lycéenne, qui n’attend pas pour vivre ses rêves.
Présente-toi aux lectrices
Je m’appelle Donia Diane Diallo, j’ai 17 ans. Je suis en terminale économique et sociale au lycée français Blaise Pascal. Ça fait 2 ans que je vis en Côte d’Ivoire, je pars m’installer à Paris l’année prochaine. J’aime l’art avant tout mais aussi l’actualité politique ou général bref tout ce qui enrichit ma culture personnelle.
Comment se sont déroulés tes débuts dans la mode ?
Depuis petite j’ai toujours été influencé par ma mère qui aime énormément la mode et tout ce qui est art. Je me rappelle même que l’un des seuls dessins animés que je regardais c’était Bob l’éponge. A 9 ans j’ouvrais déjà tous les magazines que je trouvais pour regarder les rubriques mode. En rentrant au pays (parce que j’habitais en Tunisie) je me suis dit qu’il fallait sortir de ma zone de confort, sortir de cette routine et me démarquer des jeunes de mon âge. Ça a été un déclic et j’ai immédiatement fait part de l’idée à ma mère. On a ouvert en été 2014 mon atelier de couture. Bien sûr on en parlait depuis des mois et ça c’est fait peu à peu avec pour commencer un seul tailleur puis quelques mois après 12 autres. Je ne voyais pas le temps venir c’est passé si vite.
Comment définirais-tu ton style et son évolution ?
Alors, mon style et son évolution ? Disons que j’ai jamais été « ringarde » avant, je suivais juste des tendances de mon époque où les modes du lycée. A partir de la Seconde j’ai vraiment commencé à me démarquer et à justement vouloir avoir mon propre style. Mon style ? Il est simple et travaillé. Je pars sur un seul principe « jamais vulgaire ». Je ne porte pratiquement jamais de minijupe ou de short. Je suis pratiquement tout le temps en noir parce que pour moi c’est simple « black is the new black » et avec le noir on ne fait jamais de faute.
Comment définirais-tu la femme by Donia?
« La femme by Donia » dites-vous ? Vous m’avez lancé comme on dit à Abidjan. Pour moi, une femme est l’être suprême. Je ne dirais pas que la femme est égale à l’homme parce que nous ne sommes pas dotées des mêmes capacités dès la naissance. Pour moi, une femme doit se distinguée par sa rareté, son authenticité et sa capacité à influencer positivement son entourage.
Tu es bien jeune ? Quelles difficultés as-tu déjà rencontrées dans ton métier ?
Oui j’ai 17 ans bientôt 18 en octobre, je ne veux pas vieillir (rire). Dire « métier » c’est un grand terme, dans 5 ans peut-être j’aurais acquis ce statut. Pour l’instant les difficultés y’en a eu. Déjà on ne sait vraiment pas ce que les gens vont pensez de ce qu’on entreprend. J’entends souvent dire « mais on en a que faire des gens » mais tout le monde sait dans son être que cela n’est pas possible totalement. Pour ma part j’ai fait beaucoup de jaloux et d’hypocrite. Après c’est vraiment un problème minime pour moi, le véritable défis c’est de plaire à une clientèle de tout âge avec les moyens réduit dont nous disposons en Côte D’Ivoire.
Y’a-t-il des grands couturiers que tu admires tout particulièrement ?
J’admire Olivier Rousteing de la maison parisienne Balmain, il est tout ce qui il y a de plus vrai dans la vie pour moi c’est-à-dire un jeune noir qui a réussi par son travail. J’aime également Donna Karen et Diane Von Fürstenberg parce que ce sont des femmes a grand cœur, et dans ce milieu c’est difficile de laisser place au sentiment si non on est tout de suite qualifié de « faible »
Après l’obtention de ton Bac tu prévois quoi ?
Après mon bac j’irais, si Dieu le veut, m’installer à Paris, j’ai été admise dans toutes les écoles dans lesquelles j’avais postulé et j’ai choisi la Chambre Syndical de la Couture Parisienne pour la maîtrise de la technique.
Quel est ton objectif à long terme ?
Après mes études j’aimerais travailler pour des grandes marques dans un premier temps pour la formation. Après avoir bien cerné tous les aspects du métier je veux revenir en Côte d’Ivoire pour contribuer à l’évolution de mon pays et développer une couture de qualité. Le vrai travail serait d’apporter la culture africaine en occident et d’utiliser la technique occidentale en Afrique.
Propos Recueillis par Melissa Fatoumbi


