La procrastination, ce comportement qui consiste à remettre sans cesse des tâches importantes à plus tard, est une expérience que nous avons tous vécue, au moins une fois. Vous avez probablement déjà reporté le paiement d’une facture, la réalisation d’un travail ou le nettoyage de votre maison. Mais pourquoi sommes-nous si enclins à procrastiner ? Quels sont les mécanismes cachés derrière cette habitude ? Qu’est-ce que la procrastination ?
La procrastination consiste à éviter ou à ne pas terminer une tâche, même si nous savons qu’elle est importante. Elle peut être intentionnelle : lorsque nous décidons délibérément de ne pas faire quelque chose. Elle peut aussi êtreinvolontaire : lorsque nous avons la volonté de réaliser une tâche mais que nous sommes constamment distraits ou démotivés.
Selon des études, environ 75 % des étudiants se considèrent comme procrastinateurs, et 95 % d’entre eux en souffrent.

Les facteurs de la procrastination
Les chercheurs ont identifié quatre facteurs clés qui contribuent à la procrastination.
1. Valence émotionnelle de la tâche
Plus une tâche génère des sentiments négatifs, plus nous avons tendance à l’éviter. Les émotions négatives peuvent être liées à la tâche elle-même ou à notre perception de cette tâche. Si une tâche semble plus négative qu’elle ne l’est réellement, nous avons plus de chances de la procrastiner.
2. Utilité perçue de la tâche
Si une tâche nous semble utile, nous sommes plus enclins à la réaliser. À l’inverse, si nous pensons qu’elle est inutile, notre motivation diminue. Il est parfois difficile d’évaluer objectivement l’utilité d’une action.
3. Délai entre l’effort et la récompense
Notre cerveau a tendance à préférer une gratification immédiate plutôt qu’une récompense future. Par exemple, nous pourrions préférer jouer à un jeu vidéo maintenant plutôt que de préparer un examen pour un emploi que nous aimerions avoir dans quelques années.
4. Tolérance à l’effort et à l’attente
Notre capacité à supporter l’effort, et l’attente entre l’effort et la récompense joue un rôle clé. Parfois, nous sous-estimons l’effort nécessaire pour accomplir une tâche. Ce qui nous pousse à la remettre à plus tard.
Outre ces facteurs, notre personnalité peut également influencer notre tendance à procrastiner. Une faible estime de soi peut entraver nos actions, car nous croyons avoir peu de chances de réussir. La peur de l’échec peut également inhiber nos comportements, surtout si le risque d’échec est élevé.

Comprendre les mécanismes sous-jacents de la procrastination peut nous aider à mieux gérer notre temps et à accomplir les tâches qui comptent vraiment.
Alors, la prochaine fois que vous vous surprendrez à repousser une tâche importante, prenez un moment pour réfléchir aux facteurs qui pourraient être en jeu. Vous pourrez découvrir des moyens efficaces de lutter contre la procrastination et de devenir plus productif.
Serge Nhiang’O



