La masculinité toxique vous connaissez ? C’est un concept utilisé en psychologie et en études sur le genre pour désigner ces normes qui imposent à l’homme de ne pas pleurer, ne pas craquer, ne pas demander de l’aide. Des « signes de faiblesse » qui ne cadrent pas avec son caractère « viril et dominant ». Autant de stéréotypes qui finissent par être lourds de conséquences.
Qu’est-ce que la masculinité toxique ?
Selon le Dr Benita Chatmon, la masculinité en elle-même n’est pas toxique, elle le devient quand « elle offre une image étroite de ce que c’est être un homme et s’insère dans une culture qui survalorise l’autonomie chez les garçons, normalise l’agression et l’intimidation et exige aux hommes de prouver leur masculinité en tout temps ». Ce qui engendre « des conflits entre les rôles masculins et féminins, nourrit l’homophobie et encourage la compétition entre hommes », indique l’American Psychological Association dans son Guide pour la pratique de la psychologie avec les garçons et les hommes. Elle a aussi des répercussions sur les plans identitaire et relationnel.
D’abord sur le plan identitaire, elle impose des comportements, des stéréotypes et des mentalités qui peuvent nuire à l’estime de soi, au sentiment de compétence et au sentiment d’appartenance. Sur le plan relationnel, la masculinité toxique restreint l’intimité, les liens sociaux et les relations avec les autres.
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La masculinité toxique et son lien avec la santé mentale
La masculinité toxique augmente le risque de détresse psychologique et de suicide. Parmi ces facteurs de risque, on peut compter : la réticence à demander de l’aide, une mentalité hyper-masculine, l’isolement social ou le fait d’avoir peu de liens de qualité, l’agressivité, la prise de risque, la consommation problématique d’alcool ou de drogues et une ou des tentatives de suicide passées.
Comme plusieurs hommes apprennent dès un jeune âge à banaliser leurs symptômes, à nier la souffrance et à être autosuffisants, demander et recevoir de l’aide en santé mentale peut paraitre comme des comportements contraires à ceux attendus d’une masculinité « traditionnelle ».
Que retenir ?
Maintenant qu’on sait ce qu’est la masculinité toxique et comment elle peut être néfaste, que devons-nous en faire ?
Eh bien, vu que la masculinité toxique est bien souvent entretenue par réflexe, par mimétisme ou par ignorance, avec le savoir que nous avons désormais, on peut la contrer. En s’y mettant tous, hommes et femmes, nous pouvons mettre fin à la duplication du modèle d’éducation toxique. Nous pouvons aussi, promouvoir la masculinité positive, une masculinité qui n’exclue pas les autres, qui construit au lieu de détruire.
Et pour finir, spécifiquement pour les Ayanas, nous pouvons aider nos chers hommes à s’affranchir des stéréotypes traditionnels. En les encourageant à extérioriser un peu plus leurs émotions, leurs ressentis, leurs larmes… ou à faire plus souvent des compliments.
Avec l’Association canadienne pour la santé mentale



