Deuxième aventure, cette fois-ci Mathilde, va un peu plus loin qu’à Bassam et ne déroge pas à la règle… Récit de son excursion dominicale.
Le gbaka, épisode 2
Episode 2 du Gbaka, toujours à la Gare de Bassam à Treichville. Cette fois-ci c’est plus compliqué. Peu de Gbakas vont à Assinie. Le seuil qui y va attend d’être rempli pour partir. Nous ne sommes que six passagers et nous devons attendre deux autres passagers pour pouvoir partir. Au bout d’une heure et demie d’attente, je perds patience et une amie et moi achetons deux autres places pour partir sur le champ soit 2500 FCFA la place. Nous partons finalement pour deux heures de trajet. Nous crevons 25 minutes avant l’arrivée à Assinie Mafia. Les charmes de l’imprévu.
Lassée de n’être toujours pas arrivée à destination après trois heures de périple, je trouve finalement un conducteur Assinien qui accepte de me déposer au débarcadère des pirogues. Après en avoir parlé à des amies, on m’a bien fait comprendre que j’avais été complètement inconsciente de faire du stop, même si l’homme était seul et que j’étais avec une amie. Je ne serai alors que vous déconseillez de vous inspirer de ma démarche (mais en même temps, j’en pouvais plus d’attendre !). Je ne remercierai jamais assez ce jeune conducteur qui m’a emmenée à Assinie Mafia et m’a fait rencontrer son ami d’enfance, Blaise, notre matelot de pirogue.
Sous la pluie
A la seconde où je pose mon pied dans la très pittoresque bourgade d’Assinie Mafia, le ciel devient menaçant et il pleut. Le destin s’acharne mais moi aussi. Je commande une délicieuse salade de fruits à un restaurant au bord de la lagune en attendant la fin de cette pluie de malheur. Une éclaircie fend le ciel et je commence à entrevoir les fruits de mon acharnement et de mes différents périples. La pluie s’arrêter de tomber et je saute dans la pirogue pour 2500 FCFA aller-retour vers la passe + découverte de la mangrove.
J’essaie tant que bien que mal à apprendre à manier le long bâton de bois pour faire avancer ma pirogue. Ce dernier manque de tomber à l’eau. Je décide de ne pas continuer plus longtemps devant les rires des enfants sur les rives.
La passe fait référence à la rencontre de la lagune et de l’océan. On y trouve une magnifique plage de sable blanc, où l’on peut louer des paillotes en groupe pour 5000 FCFA afin d’y boire quelques sucreries et d’y déguster le traditionnel Poulet/Attieke. Malgré le mauvais temps, elles sont presque toutes occupées. Je décide avec mon amie de débuter une longue marche le long de la splendide plage de l’océan.
Le village des pêcheurs
J’arrive à un niveau de la plage de l’Océan où il y a de nombreux bateaux de pêche. Je m’aventure dans le village de pêcheurs. Les gens me saluent, occupés par leur tâche quotidienne. Des chèvres, poules, coqs traversent le village. Des enfants jouent et me suivent dans ma découverte du village. Ils me parlent dans une langue que je ne connais pas. Une petite fille me regarde et me dit « Argent » en tendant sa main. Je suis prise à mon propre piège de touriste déconfite. Je n’ai même plus d’argent sur moi.
Je reviens vers la plage avec un sentiment de culpabilité. Je continue mon chemin et je rencontre une bande de jeunes et sympathiques adultes qui me proposent de nous ramener à Abidjan.
Par Mathilde
