[Vie pro] Rester soi, la clé du succès : le parcours de Jeannie Cointre

Jeannie Cointre Ayana

Depuis le 21 septembre 2022, Jeannie Cointre, 38 ans, a pris les rênes du groupe Famy spécialisé dans le BTP au Sénégal.  Avant, elle était entrepreneuse du numérique et de la cybersécurité. Encore avant, elle a travaillé dans le secteur bancaire. Jeannie a aussi été sportive de haut niveau. Le temps d’une interview, retour sur les sentiers d’un parcours professionnel peu commun.  Mais pas que. Allons à la découverte d’une Ayana qui force l’admiration et le respect.

 

Bonjour Jeannie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous avez un parcours atypique : du sport à la banque, en passant par le numérique, et maintenant vous posez vos valises dans le BTP. On aimerait en savoir plus. Comment tout commence ? Comment se fait la transition d’un monde à l’autre ?

Tout commence par le sport, passion que je n’ai jamais vraiment abandonnée. Il m’a ouvert de nombreuses portes.

À 38 ans, j’ai l’impression d’avoir eu plusieurs vies, évolué dans plusieurs secteurs, en effet, tous toujours très masculins : le sport, la finance, la cybersécurité, le BTP. La transition d’un monde à l’autre s’est souvent faite par le biais d’opportunités saisies et de rencontres. Parmi elles, Anne-Marie Dias Borges, journaliste BBC Afrique ; Absa Kane, ambassadrice internationale de la Croix-Rouge Suisse ; Yves Allardin, ancien directeur des moyens généraux de la Caisse d’Epargne des Alpes ; Vincent Subilia, Directeur Général de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) ; Jacques Famy, ancien président du groupe FAMY et enfin, Philippe Matière, PDG de la société Matière.

Je mesure la chance de ce parcours atypique, qui a forgé ma capacité d’adaptation et me permet de passer d’un secteur à l’autre, tout en gardant une vision stratégique et une compréhension des enjeux financiers, d’investissements et de fonctionnement du monde des affaires.

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Aujourd’hui, à la tête de Famy Sénégal, l’un de vos défis majeurs est la féminisation des postes dans le secteur du BTP. De votre avis, en 2022, peut-on encore parler de métiers d’hommes (en Afrique et plus particulièrement au Sénégal) ?

Je ne pense pas qu’on puisse encore parler de métiers d’hommes. Aujourd’hui, le secteur du BTP se digitalise et offre des opportunités de féminisation du secteur à travers le positionnement des femmes sur de “nouveaux métiers”.  Par-là, j’entends, par exemple, les analyses des données qui sont générées par les drones, la protection de ces données ou encore l’automatisation de tâches répétitives en vue d’augmenter la valeur ajoutée et l’efficacité des travaux. Pour arriver à s’inscrire dans cette transformation digitale du secteur, il est plus que nécessaire de former et sensibiliser les jeunes femmes et filles, de leur expliquer cette transition et les métiers auxquels elles peuvent prétendre.

Il le faut pour qu’elles puissent saisir les opportunités et que nous puissions voir plus de visages féminins dans les boards d’entreprises.

J’aspire modestement à m’inscrire dans cette dynamique et j’espère être sur la bonne voie. C’est d’ailleurs ce qui anime ma participation à des initiatives qui soutiennent cette vision comme Women Working For Change, où je siège en tant qu’ambassadrice. J’en profite pour saluer des pionnières, très actives au Sénégal comme Mme Oulimata Sarr, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération du Sénégal et Mme Aïssata Tall Sall, Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur.

Jeannie Cointre - Ayana - 2

Parlons maintenant conseils. Comment arrivez-vous à concilier vie de famille et celle de working lady à hautes responsabilités ?

J’arrive à concilier toutes mes responsabilités tant familiales que professionnelles grâce à ma famille. C’est mon socle, mon carburant, mon booster quand les tâches s’avèrent hargneuses. C’est clair que c’est une organisation, surtout lorsqu’on voyage régulièrement, mais c’est primordial pour moi d’être épaulée, soutenue et en cela, j’ai beaucoup de chance.

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Aussi, durant votre parcours professionnel, vous avez sûrement dû connaître des hauts et des bas. Dans les moments à vide, qu’est-ce qui vous a permis de tenir, de ne pas abandonner ?

Ce qui me permet de tenir, de ne pas abandonner, ce sont mes repères et mes valeurs. C’est un fait. Des échecs, il y en aura toujours dans la vie d’un entrepreneur. Le plus important : transformer ces échecs en positif et toujours rebondir. Pour citer Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ».

Aussi, mon parcours sportif m’aide beaucoup. Il a nourri mon goût de l’effort et de l’abnégation. Il est important pour moi d’être portée par l’équipe, mes collaborateurs, mentors et d’avoir leur confiance. Sans eux, c’est difficile de sortir quelque chose de bien.

 

Un dernier mot/conseil pour toutes les Ayana qui vous lisent ?

Soyez la femme que vous rêvez d’être !

S’il y a bien une chose que mon parcours m’a appris est que rien n’est impossible à qui le veut. L’important est de rester soi-même. Soyez humbles et modestes pour continuer d’apprendre continuellement. “Be the change you want to see in the world”.

 

Pascale Andrée


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