Auteure, scénariste, réalisatrice, comédienne, actrice, icône multiprimée… Aujourd’hui nous avons le privilège de recevoir Maïmouna N’Diaye. Cette figure du cinéma et du théâtre, que vous retrouvez depuis le 21 novembre dans la saison 2 de la série « Eki » sur CANAL+, nous a accordé une interview très instructive. Conseils, révélations inédites et confidences exclusives… rejoignez la discussion !
Dans Eki, tu joues Chantal Nyonda, un personnage fascinant, qui jongle entre apparences et secrets. Dans la vraie vie, es-tu aussi attachée à maîtriser ton image ou es-tu plutôt du genre à te dévoiler sans filtre ?
Il faut faire la part des choses entre un personnage et ce qu’on est dans la vraie vie. Moi, je fais la part des choses. Je peux me dévoiler aux gens que j’aime bien ou que je connais très bien, de ma famille par exemple ou de certain.e.s ami.e.s. Je pense même que tout le monde dans la vraie vie ne se dévoile pas facilement a des inconnus et tout le monde fait attention à son image, ne serait-ce que par la manière dont on s’habille pour sortir de chez soi.
C’est très important de faire attention à ce que l’on donne à voir à l’extérieur surtout quand on est un personnage public que des gens suivent.
Bien ! Pendant que nous y sommes, peux-tu nous révéler 3 choses inattendues te concernant ?
Trois choses inattendues me concernant !!! Je ne sais pas si ça peut être inattendu pour vous mais en général je suis plutôt d’humeur très joyeuse, je ne ressemble absolument pas aux personnages que j’interprète et j’adore faire la cuisine, aller au marché !!!
Revenons à Eki. Qu’est-ce qui t’a attirée chez Chantal à la lecture du script ? Et comment as-tu travaillé pour entrer dans sa peau ?
J’aime les personnages forts, j’aime jouer le rôle de femmes fortes, qui ont du caractère. C’est un très beau rôle, j’aime bien le mystère qui tournait autour de cette femme et de sa fille. Les personnages de caractère en général, j’aime bien les interpréter.

J’ai travaillé le rôle en me remémorant tous les rôles forts que j’ai pu interpréter, Je lui ai donné une couleur, une façon de marcher, comme je travaille tous mes personnages en allant regarder des films où il y’a à peu près ce genre de caractère, en regardant beaucoup de films différents, en observant les gens, dans ma rue, au restaurant… Je prends toutes ces choses que je mets ensemble pour trouver L’ÉQUILIBRE. J’ai beaucoup joué sur le côté fragile, fatigué, donner une attitude à cette femme qui aime sa fille mais qui s’est sentie blessée par son époux en ayant une maîtresse et de surcroît lui a fait un enfant.
Que dirait Maïmouna de l’attitude de Chantal qui veut protéger son enfant, en lui cachant la vérité ?
Pour ma part, une mère doit être honnête avec ses enfants, c’est la meilleure façon de les protéger, ce n’est pas de lui cacher des choses, c’est de faire de son fils ou de sa fille je dirais son camarade, sa meilleure amie parce que la meilleure amie en général, elle n’est pas dehors, elle est à la maison. Les enfants, c’est ce que nous avons de plus chers et je pense que pour leur rendre service il faut être honnête, sincère avec eux, leur apprendre la vérité.
Quel regard portes-tu, de toute ton expérience, sur l’évolution du cinéma et des séries sur le continent, notamment en termes de visibilité, mais surtout de représentativité et de diversité des rôles féminins devant et derrière la caméra ?
Le cinéma africain a énormément évolué. Je l’ai vu évolué. Il est vrai qu’on fait de plus en de séries parce que c’est plus accessible. Il y a moins de salles de cinéma en Afrique donc les gens vont moins au cinéma et la production d’un film est plus lourde à mettre en place.
Le COVID ne nous a pas aidé, les gens ont cessé d’aller au cinéma et les séries se sont développées. Donc ça a énormément évolué.
Nos histoires, nos rôles, c’est à nous de les écrire. On ne peut pas attendre des autres qu’ils inventent nos rôles à notre place. C’est à nous d’écrire nos propres histoires et de nous attribuer on va dire, des bons rôles. Il ne faut pas attendre que ça vienne d’ailleurs. Le cinéma a énormément évolué aussi bien devant que derrière la caméra.
Au niveau de la représentativité, les femmes sont de plus en plus représentées devant mais aussi il y’a de plus en plus de techniciennes, il y’a de plus en plus de femmes à la caméra, à la lumière, pas seulement au costume ou au maquillage. Il y’a toujours eu des femmes monteuses qui sont à la post-production. Et il y en a de plus en plus. Elles ne se contentent pas que d’être actrices et je trouve que c’est très très bien, et ça leur va super bien. Et ça apaise d’avoir beaucoup de femmes sur un plateau. Elles ont une rigueur qu’il n’y a pas toujours chez les hommes.

Les jeunes femmes fascinées par le 7e art, il y en a de plus en plus. Quels seraient les 3 commandements selon Maïmouna pour une carrière réussie ?
Pour une carrière réussie, que ce soit dans le cinéma ou autre, moi je dis c’est de travailler, d’être curieux, de bouger les murs, bouger les lignes, de se battre parce que ce n’est pas simple et avoir l’esprit curieux et créatif et travailler tout le temps. Il ne faut pas attendre qu’on vous propose du travail. Il faut chercher, il faut fouiller, aller sur les plateaux, aller sur des productions, et en vouloir. Il faut aussi savoir pourquoi on veut faire ce métier. Quand on a répondu à la question du pourquoi on veut faire ce métier, on va tout mettre en œuvre pour pouvoir y arriver. Travailler, être curieux et ne pas baisser les bras.
Pourquoi on ne devrait manquer aucun épisode d’Eki Saison 2 ?
Vous ne devez manquer aucun épisode de Eki saison 2, d’abord pour pouvoir avoir la fin de l’intrigue, pour comprendre l’histoire parce que les personnages sont attachants,
Parce que j’y suis tout simplement aussi et qu’il y’a tous les autres acteurs avec qui j’ai joué ou partagé l’écran qui sont formidables. Que ce soit Eki, Nelly elle-même, que ce soit les avocats Terrence Amadi, Jeremy Tsanga, Vanessa Atsing…franchement c’était une très belle expérience.
Nous sommes en plein dans les 16 jours d’activisme. Selon toi, contre quoi doit-on encore lutter dans ton univers professionnel ?
Dans mon univers professionnel qui est bien évidemment le cinéma, je pense qu’il faut lutter contre le harcèlement, les fausses promesses, les faux castings, un casting n’est pas payant.
Malgré les progrès réalisés, le harcèlement et la violence à l’égard des femmes dans l’industrie du cinéma demeurent un problème. Il est important de créer des environnements de travail sûrs et respectueux.
Lutter également contre les stéréotypes de genre et les clichés parce que les représentations négatives dans les films peuvent perpétuer des attitudes nuisibles. Il est important de promouvoir des récits diversifiés et authentiques tout simplement.
Les luttes sont interconnectées et nécessitent un engagement collectif pour créer un cinéma plus inclusif et respectueux.


