les Djonous: plus qu’un accessoire de beauté

Djonous

*ClingCling* c’est le bruit du Djonou!

La femme africaine passe. Armée de son élégance et de son style inégalable, le bruit de ses perles aux reins ne lui confère que l’assurance qu’elle a déjà. Alors en réalité, à quoi lui servent ses perles aux reins ?

Les perles aux reins au cœur de la culture et des traditions en Afrique

En Afrique, les perles aux reins ont une histoire très ancienne et sont portées pour différentes raisons. Elles peuvent être un symbole de chasteté, de sexualité, de féminité, de spiritualité, de séduction, de santé, et même de prise ou de perte de poids. Certaines personnes les associent à un côté mystique difficile à expliquer.

Appelées « baya », « pagne sexuel », « bin-bin », « djè » ou chez nous « djonou », ces perles représentent accessoirement parlant un ornement qui perdure au fil des générations dont l’utilisation diffère… Au Sénégal et au Mali, les femmes s’en servent pour attacher les mini-pagnes portés sous les boubous, tandis que dans d’autres pays africains elles sont portées comme parures intérieures pour les bruits qu’elles produisent. Selon la croyance populaire, ces bruits  éveilleraient la curiosité des hommes qui se trouvent aux alentours. En effet, cet accessoire est un indispensable pour la séduction d’un homme dans certains pays. Il est dit que beaucoup d’entre eux en raffolent et donc se laissent très facilement tentés par les bruits de ceux-ci – donc plus il y’en a, mieux c’est.

Ces perles sont également à l’origine de plusieurs autres croyances. On leur confère le pouvoir de la protection physique contre des esprits maléfiques, talisman contre la mauvaise langue et la jalousie, l’utilisation dans bien d’autres rituels ancestraux. Certaines cultures ont aussi trouvé des moyens à travers le port de ces bijoux, de venir à bout de certaines maladies attrapées par les nouveau-nés. Mis aux reins des bébés, cela calme leurs douleurs (diarrhée, fièvre) dues à la poussée des dents.

 Pour revenir à un point de vue culturel, les Djonous constituent un objet d’hommage aux femmes africaines, qu’elles soient de la nouvelle ou ancienne génération. Le port des perles autour de la hanche est un geste considéré comme esthétique auprès de nombre de femmes africaines. Malgré les changements qu’a connus ce bijou, son identité même est restée intacte.

Petit sondage auprès de mes abonnés sur la perception des Djonous

  • « Cela fait partie des accessoires de la femme. Un peu comme une boucle ou une chaîne… »
  • « Moi je le porte parce que c’est cool. Mais il est vrai qu’en fonction des cultures cela peut servir à séduire ou affiner sa taille »
  • « C’est mieux qu’une balance ! Tu vois directement si tu grossis ou pas. »
  • « Ce bijou montre qu’on est vraiment africaine. »
  • « On m’a dit que ça protège les personnes qui les mettent. Ça jouerait également un rôle de fertilité. »

Le partage de tous les témoignages sera difficile mais on remarque bien que l’identité africaine y est reconnue dans la plupart.

Cap  sur ma ville d’origine : Aného

Une ville ancienne, construite vers la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, située au Sud-Est du Togo à 50 kilomètres de Lomé. La ville d’Aného fait frontière avec le Bénin.  Centre historique de la traite des Noirs, elle a été la capitale du Togo à deux reprises, de 1886 à 1897 puis entre 1914 et 1919. En plus d’être un grand lieu touristique au Togo, Aného regorge de traditions et d’histoires qui rendent ses habitants fiers. Les perles sont très prisées dans cette ville, elles regorgent d’histoire qui se transmettent de génération en génération. En ce qui concerne les Djonous, un clan en particulier éveille la curiosité: le clan Adangbé

Chez les Adangbé, on met les perles aux jeunes filles vierges jusqu’à leur majorité. Cela donnait aux perles aux reins un aspect de pureté.  Elles les gardaient jusqu’à une cérémonie traditionnelle nommée Adifo où elles étaient officiellement devenues des femmes. Avant cette cérémonie elles quittaient leurs domiciles pour passer 3 mois chez leurs tantes à Aného pour se préparer pour le Jour J. La cérémonie était un cocktail de danses traditionnelles rythmées par le bruit de leurs perles à la taille mais gare à celle qui avaient eu des relations sexuelles avant celle-ci, ou celles qui étaient tombées enceinte. Pour ces cas exceptionnels, la cérémonie se déroulait sur un tas d’ordures car on prétendait qu’elles avaient été salies avant même d’avoir été désignées comme femmes.

Un sort bien triste mais qui relève d’une tradition à cheval sur les valeurs de la femme et son intégrité.

Et vous ? Que savez-vous des Djonous ? Qu’est-ce qu’elles signifient chez vous ?

 

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