
Le 06 février, l’agence X a lancé une campagne de sensibilisation en collaboration avec le Mouvement Femmes et Paroles ( MFPCI) intitulée « On ne coupe pas une fleur pour l’honorer », visant à attirer l’attention du public sur les mutilations génitales féminines (MGF) et leurs conséquences sur la santé et les droits des femmes et des jeunes filles.

Cette initiative avait pour objectif d’ouvrir le débat autour d’une pratique encore présente dans certaines communautés, tout en encourageant une prise de conscience collective sur les enjeux liés à la protection des droits humains.
La stratégie de communication mise en place reposait d’abord sur une approche digitale, avec la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux afin de susciter la discussion et sensibiliser un large public.
Une première phase digitale marquée par de nombreuses réactions
La vidéo diffusée en ligne a rapidement suscité un grand nombre de réactions. Si certains internautes ont exprimé leur soutien à l’initiative et condamné les mutilations génitales féminines, d’autres ont manifesté leur incompréhension ou ont remis en question le message porté par la campagne.
Ces échanges ont mis en évidence la sensibilité du sujet ainsi que la diversité des perceptions autour de cette pratique.
Face à l’ampleur des réactions et au débat suscité en ligne, les initiateurs de la campagne ont décidé de poursuivre la sensibilisation sur le terrain afin d’engager un dialogue direct avec les populations.
Une campagne de proximité à travers un van de sensibilisation

Dans une seconde phase, la campagne s’est déployée sur le terrain à travers un van de sensibilisation arborant le message « On ne coupe pas une fleur pour l’honorer ».
Ce dispositif mobile avait pour objectif d’aller à la rencontre des citoyens afin de susciter des échanges autour de la question des mutilations génitales féminines.
Autour du van, des fonctionnaires formés aux questions liées aux violences basées sur le genre et aux mutilations génitales féminines étaient mobilisés pour informer les passants, répondre à leurs interrogations et distribuer des supports de sensibilisation.
Au total, 333 personnes ont pu être sensibilisées à travers ces échanges et la distribution de flyers.
Briser le silence autour d’une pratique encore présente
Selon les responsables de l’initiative, cette campagne visait avant tout à briser le tabou entourant les mutilations génitales féminines et à encourager une meilleure compréhension des enjeux liés à cette pratique.
Bien que souvent présentées comme une tradition ancestrale dans certains milieux, les mutilations génitales féminines constituent aujourd’hui une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles, en raison des conséquences graves qu’elles peuvent entraîner sur leur santé physique et psychologique.
La campagne cherchait ainsi à promouvoir l’information, le dialogue et la protection des potentielles victimes.
Un cadre légal pour lutter contre ces violences

En Côte d’Ivoire, la lutte contre les mutilations génitales féminines s’inscrit dans un cadre juridique renforcé. Le Code pénal révisé en 2019 prévoit notamment des sanctions contre les pratiques portant atteinte à l’intégrité physique des femmes et des filles.
Le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant mène également des actions de sensibilisation et d’accompagnement des victimes à travers le Programme national de lutte contre les violences basées sur le genre.
Des dispositifs de signalement permettent par ailleurs aux citoyens d’alerter les autorités en cas de violences ou de situations à risque.
Une campagne écourtée après l’indignation d’une partie du public
Malgré ses objectifs de sensibilisation, la campagne « On ne coupe pas une fleur pour l’honorer » a suscité de vives réactions dans l’opinion publique.
Le van de sensibilisation, principal dispositif de terrain de la campagne, a provoqué une forte indignation chez certains citoyens, donnant lieu à des critiques et à des réactions parfois hostiles.
Face à cette indignation publique, les organisateurs ont décidé d’arrêter prématurément le déploiement du van.
En conséquence, la campagne n’a pu couvrir qu’une partie de la ville d’Abidjan, notamment dans les communes de Port-Bouët, Koumassi, Le Plateau, Cocody et Adjamé.
Cet arrêt prématuré met en lumière la complexité du débat autour des mutilations génitales féminines et souligne la nécessité de poursuivre les efforts de dialogue et de sensibilisation au sein des communautés.



