[ Interview] Christine Logbo-Kossi : “Le vrai changement de nos jours, est l’association”

Notre Ayana du jour est une femme engagée pour sa communauté. Féministe jusqu’au bout des ongles, elle est aujourd’hui à la tête de 3 associations féminines et compte bien montrer les compétences des femmes autour d’elle.  Rencontre avec Christine Logbo-Kossi , celle qui a su s’imposer dans un secteur initialement dédié aux hommes : Celui des mines. 

Présentez vous aux  lectrices? 
Je suis Christine LOGBO née Kossi, j’ai un doctorat en coopération et solidarité internationale (Université D’Evry), un master en communication spécialité relations publiques et événementiel (Essec) , un bachelor en administration des affaires (Université canadienne d’Abidjan) . HLP_4027Mariée et maman de deux enfants, fondatrice Présidente du réseau des femmes minières de Côte d’Ivoire ( FEMICI) , coordinatrice de la fondation Ahagbia Tegny (confédération de 54 coopératives féminines agricoles) et nouvellement nommée Présidente de l’association Africa Femmes Initiatives Positive Internationale, section Côte d’Ivoire ( AFIP-CI)
Le milieu associatif  vous a-t-il toujours attiré  ? 
Oui ! J’ai fait un second master en coopération et solidarité car je voulais entrer dans une institution de solidarité. N’ayant pas pu faire du droit pour être ” la voix des peu de voix” , je me suis orientée vers la communication et spécialisée dans les associations. Durant mes études j’ai été souvent à l’initiative de mouvements associatifs comme chef de classe, ou déléguée, présidente de l’école ou de la Fac…
A la fin de mes études et de retour en Côte d’Ivoire,  je recherchais un emploi classique en agence de communication, et  l’opportunité m’a été offerte de m’exprimer dans une organisation professionnelle. Forte de cette expérience qui fut jalonnée par plus de bas que de haut, j’ y ai tiré une très grande satisfaction. J’ai donc décidé de rester dans ce créneau. Car je reste convaincue que le vrai changement de nos jours, est l’association. Le politique est en perte de vitesse et d’ailleurs n’a jamais convaincu. Alors qu’une vraie efficacité auprès des associations pour partager un idéal ou défendre des intérêts portent toujours des fruits auprès de ceux qui en sont démunis. 

Christine, présidente des femmes minières…  pourquoi avoir choisi ce métier ?

Alors je n’ai pas choisi ce métier je ne suis pas minière au sens premier du terme. Je suis la directrice générale d’une institution qui s’appelle la chambre de mines, qui représente les intérêts des différentes compagnies minières en côte D’ivoire . Depuis 5 ans dans le secteur je constate que c’est l’un des derniers bastions où le genre est faiblement représenté. Peu de femmes géologues avec peu d’avancement, peu de femmes à des postes de décision sauf si elles sont expatriées… Fort de ce constat et en me documentant on a créé un réseau FEMICI pour donner de la voix à celles qui y sont et en attirer d’autres.

Dans mon emploi actuel où je suis la seule femme et croyez moi je dois “parler fort” pour être entendue ! Imaginez-vous celles qui sont sur le terrain. Nous avons  un plaidoyer auprès des autorités pour que les femmes soient plus représentées dans les mines car aujourd’hui c’est une manne sous estimée d’opportunités économiques.


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Quelles sont  les difficultés rencontrées dans votre tâche ?

Alors, pas de difficulté plus de challenges. Le secteur est méconnu donc souffre d’une mauvaise perception à tort ou à raison. Pour pouvoir y remédier , nous menons différentes actions de communication, des actions de sensibilisation dans les écoles auprès principalement des jeunes filles et des plaidoyers auprès des institutionnels pour prendre en compte les femmes dans ce secteur principalement.HLP_4071

 

Comme vous l’avez mentionné plus haut,  se faire entendre en tant que femme dans ce milieu n’est pas chose aisée. Vous arrive-t-il parfois  de craquer et de ne plus vouloir continuer ?

Dans les mines c’est encore plus frustrant, car c’est un monde de vrais ”machos ” surtout pendant la phase de recherche, qui ne colle pas avec l’image propre et glamour des femmes .  Non pas parce que je suis déjà féministe de naissance,  mais j’ai été choquée de constater, quand j’ai atterri dans le secteur,  qu’il y a encore ”des mondes” réservés sous cape aux hommes .  Le FEMICI veut résoudre le problème de la représentativité des femmes  ou du moins réduire cette perception de favoritisme des hommes. Car une autre cause de ce fait est aussi due au fait que les femmes elles-mêmes ne s’ intéressent pas aux mines.

 Vous êtes  présidente de trois associations, quel est votre secret pour gérer tout ce travail ? 

La passion est mon secret !

Votre conseil aux lectrices ?

Avoir une vision (nous autres parlons de rêve), travailler réellement pour atteindre cette vision (ce rêve), et avoir l’amour de cette vision (rêve) pour pouvoir la (le) partager avec les autres.

Crédit-Photos : Hug Lionel


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