Lucie Memba Bos à l’affiche du film “ENTERRÉS” dénonce les abus sexuels dans l’Église

Pour la majorité des croyants, l’Église est un havre de paix, l’endroit où ils se sentent le plus en sécurité. Mais derrière ces portes où tout semble ” saint ” se cache souvent de sombres secrets. ENTERRÉS, ce film camerounais de Francoise Ellong dénonce les violences sexuelles commises à l’Église et par les Hommes d’Église.

Alors qu’ils approchent la quarantaine, 4 amis d’enfance décident de se retrouver pour faire le bilan de leurs vies. L’idée est d’enterrer, chacun, tous les objets qui leur rappellent  le passé afin de mieux envisager l’avenir. Mais cette action fait revivre une blessure d’enfance. Ils se souviennent de Daddy, le prêtre qui dirigeait l’orphelinat dans lequel ils ont vécu. Ils se rappellent de Daddy qui utilisait une clé secrètement pour gagner la confiance des jeunes victimes qu’ils étaient.

Ce film de fiction de 88 minutes souhaite remédier au mutisme révoltant dont fait preuve l’Eglise en aidant les victimes à sortir de leur réserve. Il questionne aussi la responsabilité de toutes ces personnes qui décident de rester silencieuses pour protéger l’Eglise.

À l’occasion de la sortie du film dans les Cinémas Majestic d’Abidjan, nous avons interviewé Lucie Memba Bos, l’une des actrices principales.

enterrés affiche officielle
l’affiche officielle du film “enterrés”

On vous retrouve à l’affiche du film “Enterrées”. Si vous deviez pitcher le film, que diriez-vous ?

« Enterrés », c’est l’histoire de quatre amis d’enfance qui se retrouvent après plusieurs années et s’adonnent à un jeu qui va, sans qu’ils ne s’y attendent faire resurgir d’anciens démons.

Comment avez-vous été contactée pour jouer dans le film ?

J’ai été contactée par la réalisatrice Françoise Ellong qui m’a proposée le rôle de Marie. Et j’ai accepté avec grand bonheur.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?

Il faut dire que j’ai toujours été fascinée par le parcours de la réalisatrice et je nourrissais l’envie de travailler avec elle. Par ailleurs, lorsque j’ai lu le scenario, j’étais curieuse de voir comment elle allait parvenir à filmer cette histoire assez typique dans un décor particulier. La cerise sur le gâteau fût mon personnage Marie que j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer.

Parlez-nous de votre personnage

Marie, c’est cette amie que l’on souhaiterait avoir. Altruiste, elle vit en quelque sorte le syndrome de Stockholm. Comme ses amis, elle a connu ses démons, mais de manière très particulière.

Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ?

Je me suis familiarisée avec ce personnage dans le but de comprendre sa psychologie. Avec l’aide de Françoise, nous avons décrypté artistiquement chaque séquence pour nous assurer que nous regardions dans la même direction.

Lucie memba
Tendance People Mag

Comment s’est passée votre collaboration avec la scénariste et réalisatrice Françoise Ellong ?

Un pur bonheur. C’était super enrichissant de travailler sous sa direction artistique. Très pointilleuse et professionnelle. Elle m’a poussé à me surpasser et à faire ressortir le meilleur en moi.

Le film tourne autour des abus sexuels perpétrés par des prêtres sur des enfants. Existe-t-il des statistiques sur l’ampleur de ce problème au Cameroun ?

J’avoue qu’au Cameroun comme dans beaucoup d’autres pays, ce sujet reste encore très tabou. Tout le monde est conscient de ce problème, mais très peu ose en parler. Pire encore, les victimes sombrent dans un mutisme.

Pourquoi y a-t-il un tel silence autour de ces violences ?

Je pense que c’est la société qui l’impose. Les victimes ont peur d’être jugés et le regard des autres les fragilisent. C’est d’ailleurs l’occasion de tirer un chapeau à Françoise Ellong qui à travers ce film brise les tabous et ose aborder un sujet aussi délicat.

Nous vivons dans une société qui ignore encore les voix de nombreux enfants. Voyez-vous un changement positif dans la façon dont les gens parlent et traitent les enfants aujourd’hui ?

Absolument. Les parents comprennent l’importance de communiquer avec les enfants. Et ces derniers sont beaucoup plus ouverts sur le monde et ses réalités

Pensez-vous que si nous étions plus ouverts sur la sexualité, les problèmes sexuels et la déviance, le monde pourrait être un peu plus sûr ?

Oui en effet. Il est important de parler de tous ces problèmes et surtout de donner la parole aux enfants. Le film ” Enterrés ” expose justement les douleurs que les victimes ont longtemps intériorisées et le bien que cela peut faire de s’en libérer.

À quoi voulez-vous que les gens pensent après avoir regardé le film ?

J’aimerais que les gens se disent que le film « Enterrés » est en quelque sorte une thérapie pour leur mal-être.

Quels conseils pourriez-vous donner aux parents ?

Soyons de meilleurs amis pour nos enfants, développons l’écoute et soyons attentifs au moindre changement observé chez eux.

 

Enterrés est plus qu’un film, c’est un appel à la prise de conscience. Nous ne devons plus avoir peur de dénoncer.

Rendez-vous à partir du 12 Mars dans les salles du Majestic Cinéma pour découvrir le film. Retrouvez toute la programmation sur le site www.majesticcinema.ci


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