[Beauté] Ces ivoiriens qui font bouger le domaine de la cosmétique pour peaux noires et métissées

Les Africaines sont de grandes consommatrices de produits cosmétiques. Néanmoins, il y a encore quelques années, l’extérieur était de loin le plus grand pourvoyeur de produits de ce genre pour l’Afrique francophone. Aujourd’hui, le made in Africa a le vent en poupe avec de valeureux africaines et africains qui ont décidé de changer les choses en offrant des produits capables de concurrencer les plus grandes marques de cosmétiques et prenant en compte les besoins des peaux et cheveux noirs. Portraits de ces challengers qui dynamisent le secteur des cosmétiques en Côte d’Ivoire et dans le monde.

 

  1. Estelle Téhé : celle qui valorise la beauté ébène

Les peaux foncées se sont longtemps senties délaissées par les marques. Et pourtant si la peau claire était jusqu’ici mise en avant, la beauté noire revient au-devant de la scène et fait figure de standard de beauté à part entière. C’est ce que l’ivoirienne Estelle Téhé a compris en mettant en place Yohou Cosmetik, une marque de cosmétiques 100% bio lancée en 2018 qui fait honneur aux peaux foncées. Fervente adepte du naturel, Estelle, conseillère vestimentaire à Paris, a fait le choix du bio en valorisant les beurres de karité et de cacao. La jeune femme de 29 ans se bat ainsi à sa façon contre le fléau de l’éclaircissement de la peau qui sévit en Côte d’Ivoire en faisant de l’entretien de la peau noire ébène (avec des produits naturels locaux) son cheval de bataille. Son inspiration pour ses produits de beauté (savons, crèmes), la jeune femme la tient de sa grand-mère qui lui a transmis tout son savoir-faire.

 

 

  1. Danielle Bahi, la reine de Bahi Cosmetics devenue Ayele & Co

Make-up artist de profession, Danielle Bahi âgée aujourd’hui de 22 ans, a relevé le défi du paraben free. La jeune femme qui vit aux Etats-Unis a voulu révolutionner l’industrie cosmétique ethnique en faisant le pari des produits naturels de qualité et végétaliens. Pour relever son pari, Danielle s’est entourée d’une équipe d’experts pour ainsi développer des produits adaptés aux femmes de toutes les couleurs et races, mettant l’accent sur les femmes noires à la peau sombre qui ont souvent des difficultés à trouver le maquillage qui leur convient. Lancée en 2016 sous la dénomination Bahi Cosmetics, la marque est devenue Ayele & Co et commercialise en plus du maquillage des produits pour le visage et le corps. C’est à 7 ans que Danielle a quitté la Côte d’Ivoire pour poser ses valises au pays de l’Oncle Sam. Passionnée de voyages, elle puise sa créativité au cours de ses déplacements et achète ses ingrédients auprès des producteurs locaux. Sa grand-mère, une grande passionnée de phytothérapie qui cultivait à peu près n’importe quel ingrédient dans son jardin reste toutefois sa principale source d’inspiration. La jeune entrepreneure se sert de la tradition herboriste africaine et antillaise pour créer des cosmétiques 100% naturels comme sa grand-mère le lui a appris. La jeune créatrice n’hésite pas à élargir son horizon et collaborer avec d’autres créateurs et influenceurs comme Equality for HER, Blair Imani et tant d’autres.

 

 

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  1. Fabrice Mahabo, la revanche d’un créateur prodigieux

 

C’est en en 1997 que Fabrice Mahabo créait Black-Up pour conquérir le marché mondial. Diplômé de la prestigieuse école Christian Chaveau de Paris, l’expert cosmétique s’est malheureusement vu dépossédé de son entreprise, leader français dans le domaine des cosmétiques pour peaux noires et métissées. Le self-made man a accusé son investisseur de l’avoir dupé puis évincé. Finies les heures de gloire, l’entrepreneur déchu doit faire le deuil de son bébé, loin du succès mondial que connait sa marque qui a su séduire les plus grands noms de la cosmétique comme Sephora et Macy’s. Mais c’était sans compter sur la créativité du jeune homme plein de ressources qui a su brillamment rebondir en créant D.KUP, une marque constituée de produits de soins fabriqués à partir d’actifs de plantes, du 100% skincare réservés à la beauté et au bien-être des hommes et des femmes. D.KUP fait référence à la double identité ivoirienne et française du créateur (D pour dualité et K pour kamit), un très beau rebondissement.

 

  1. Manolli et Sarah ou la rencontre ivoiro-nigérienne

C’est au détour d’une conversation chez leur coiffeuse commune que l’ivoirienne Manoli Ekra et la nigérienne Sarah Ferdjani ont eu l’idée de lancer Talowa. L’aventure débute en 2014 marquée par une offre axée sur les produits capillaires élaborés à partir de produits naturels locaux. Basée à Abidjan et Niamey, la marque s’est très vite lancée à la conquête des autres pays avec un élargissement de la gamme capillaire et l’introduction de produits pour le corps. Du haut de ses 32 ans, Manolli revêt une casquette de conseillère en aménagement urbain et développement territorial. Quant à Sarah 31 ans, elle est diplômée en Business Administration aux Emirats Arabes Unis et d’un MBA obtenu en Chine. Voyageuse dans l’âme, elle rencontre son associée au Niger. La passion pour les cosmétiques naturelles en commun, les deux jeunes femmes sont du reste complémentaires. Sarah aime bien concocter des produits maison tandis que Manolli assure les conseils en tout genre. Elles sont toutes 2 insatisfaites de l’offre locale, la passion commune aidant : les bons ingrédients pour lancer son entreprise. Et elles l’ont fait ! Talowa c’est aujourd’hui plus d’une vingtaine de produits pour cheveux et corps en passant par les soins visage.

 

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  1. Sandrine Assouan : celle qui valorise les plantes à travers le savoir-faire traditionnel

 

Ingénieure en chimie, diplômée de l’Ecole Polytechnique de Lausanne en Suisse, Sandrine Assouan a choisi d’immortaliser les ressources naturelles africaines dans une gamme de produits dermo-cosmétiques naturels pour les peaux noires et métissées. C’est au cours d’un voyage à l’île de la Réunion sur un projet de recherche concernant certaines maladies qu’elle découvre et fut séduite par le rapport des autochtones avec les plantes. Elle signe ainsi à Abidjan sa première ligne de produits en 2015 qui n’est pas sans rappeler le savoir-faire traditionnel africain à travers les plantes médicinales. Elle-même de teint foncée et opposée à la dépigmentation, elle se sert de Nature et Tradition pour sublimer les femmes noires de peau et les inciter à préserver leur capital beauté loin des produits éclaircissants.

 

L’Afrique connaît une croissance économique non négligeable et l’émergence d’une classe moyenne soucieuse de son bien-être et désireuse de s’offrir des produits de qualité issus du savoir-faire des compatriotes. De jeunes entrepreneurs apportent leur pierre à l’édifice en répondant à ce besoin aussi bien en Côte d’Ivoire qu’ailleurs en Afrique francophone.

 

                                                      Par Setalmaa

 

 

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