#beauté 5 questions à l’Oréal sur la beauté noire

L’Oréal Recherche et Innovation a tenu à participer ce 20 Avril 2016 au 30ème Congrès de l’Association des Dermatologistes Francophones à Abidjan en Côte d’Ivoire, en allant à la rencontre des plus grands acteurs de la dermatologie africaine.  A l’occasion de ce Congrès, trois communications scientifiques L’Oréal ayant attrait aux problématiques et aux besoins quotidiens des acteurs du continent ont été proposées :

  • Récentes avancées sur la peau africaine reconstruite pigmentée et applications, présentées par Dr. Verschoore.
  • Traitement de l’acné et prévention d’apparition des « taches brunes » par protection solaire anti UVA, présenté par Dr. Poli.
  • Etude des caractéristiques de frisure du cheveu africain, présentée par le Dr. Verschoore.

A cet effet nous avons rencontré Messieurs  Gil Laurent représentant Laroche Posay Afrique et le Dr Michelle Verschoore, dermatologue, Directrice Médicale, Recherche scientifique et Innovations L’Oreal pour en savoir un peu plus…

RAY_0255Ayanawebzine : Bonjour à vous et bienvenue à Abidjan. Qu’est qui a motivé votre participation à ce Congrès ?

Gil Laurent : Nous sommes là pour faire de la prévention. Il faut expliquer aux gens l’utilisation de produits de qualité. L’Oréal au cours de son évolution s’est doté de 4 000 chercheurs dont 400 pour la recherche fondamentale. Nous voulons comprendre le mécanisme de la peau et du cheveu. Les formules trouvées diffèrent selon les pays d’Afrique par exemple la formule du Sénégal n’est pas la même que celle de la Côte d’Ivoire. Nous avons des laboratoires dans pratiquement toutes les régions du monde ce qui fait partie de l’innovation de l’Oréal. Les chercheurs travaillent avec des médecins locaux, des universités dans les labos de recherche montés dans les zones d’Asie, Europe Afrique et Amérique.

Dr M. Vershoore : Nous voulons partager les connaissances de recherches. Plus de 20 ans d’effort ; comprendre pas seulement la peau noire mais aussi la peau dans son environnement en général. Nous sommes à ce congrès parce que nous avons compris la motivation à la dépigmentation et nous voulons apporter solution. Il faut une pédagogie. D’abord, partager nos connaissances scientifiques avec les dermatologues africains sur nos différents produits (produits beauté-produits pharmacie Laroche Posay, soft shine carson, mixa et eau naturel) qui ont la même innovation. L’ambition de l’Oréal c’est de faire de la marque Dark ‘ n Lovely (« Je suis foncée, je suis belle ! ») la plus importante du groupe en Afrique. Une marque accessible à tous, avec le respect de la peau et de la nature. Ces produits on tous des ingrédients naturels. L’Oréal mise sur la recherche scientifique pour de nouvelles connaissances d’où ses efforts de recherche depuis plus de 20 ans sur les peaux et cheveux Africains. Nous voulons une proximité avec le consommateur pour sa satisfaction selon son habitude et ce pour très longtemps.

RAY_0264AW : Que vont apporter ces recherches et innovations ?

Gil Laurent : Depuis 1905 des personnes sont soignées à l’eau thermale pour traitement post cancéreux, le cancer fragilisant la peau. Dans l’eau de Laroche Posay on trouve du sélénium qui apaise et un reconstituant de peau. Ainsi ce sont 8 500 personnes qui viennent tous les ans se faire traiter. Le produit est calmant et améliore la peau. Les enfants autant que les adultes y sont traités pour les problèmes d’eczéma. L’eau de Laroche Posay apaise aussi les grands brulés. 450 000 personnes ont été soignées de leurs maux à l’eau Thermale, que contient aussi Laroche Posay.
Le problème d’acné c’est la cicatrice après l’explosion. Le produit effaclar duo + calme le bouton, l’apaise, ne le casse pas et au bout de 48h, il commence à se dissiper. On n’aura donc pas de cicatrice et sans cicatrice on n’aura pas de taches noires. Ce qu’il faut c’est un teint uniforme et éclatant pas forcement clair, ce n’est pas ce que la femme Africaine recherche, mais une belle peau. Je remarque qu’en Afrique vous vous frottez la peau (noire) pour vous rendre propre dites vous mais pour l’hygiène pas besoin de frotter autant au risque d’enlever toute la protection naturelle. On a des milliards de bactéries à la surface de la peau qui nous protègent. Quand la peau est trop frottée, ces bactéries là disparaissent et on est ainsi exposés. Il faut respecter la peau.


Dr M. Vershoore :
Nous avons eu un premier centre de recherche en Amérique du nord Chicago et depuis 10 ans, il y a eu des évaluations sur leur produit. Ainsi a été inauguré en Afrique du sud en juillet, un nouveau labo de recherche consacré à la recherche fondamentale peau noire chez les Africains .Il y a beaucoup d’idées reçues qu’il faut combattre par la pédagogie. Grace à nos travaux on a compris que le cheveu africain était le plus fragile parce que frisé. Ainsi pendant les recherches on a pu classifier les types de cheveu, et comprendre pourquoi il est fragile. Ainsi après recherche, nous avons mis en place des produits pour les texturiser et les préparer au défrisage.
Quant au problème d’acné, il dure plus longtemps à l’âge adulte (30-40 ans). La peau est un peu plus grasse ce qui nourrit les boutons. Il ne faut pas toucher les boutons et les protéger du soleil. Bien l’hydrater, avoir des produits exfoliants. Ne pas faire de traitement abrasif. L’acné n’est pas seulement l’affaire d’adolescents. La femme africaine en générale y est confrontée à l’âge adulte. Mais dans certains cas, il peut s’agir d’un problème hormonal. L’acné peut être aussi lié à une surcharge pondérale, d’où Plus on a une surcharge pondérale plus on a une petite hyper androgénie qui va nourrir ces boutons. Mais ça reste un facteur secondaire.

AW: Docteur, avec ce problème d’acné, coure-t-on vers un vaccin anti acnéique ?

Dr M. Vershoore : Non. C’est plutôt de la prévention. Prévenir les taches avec les produits de protection solaire. Les produits anti acnéiques du groupe l’Oréal pour prévenir les premiers signes d’acné. Le PH9 qui est la bactérie de l’acné est secondaire. Nous, nous travaillons sur ce qui arrive avant aux comédons. Déjà nous proposons des produits d’hygiène mais attention pas une hygiène abrasive. Il faut une hygiène douce pour équilibrer et respecter sa propre flore naturelle. L’acné n’est pas un problème d’antibiotique.

AW : Comment lutter vous contre le fléau de la dépigmentation à votre niveau ?

Gil Laurent : La dépigmentation fragilise la peau.la peau noire, la peau africaine est très belle et est doté d’une santé naturelle. La femme noire normalement n’a pas de ride. La dépigmentation entraine le vieillissement de la peau. Elle vieillit plus vite comme celle de la peau blanche. L’équipe travaille à l’accessibilité de produit de qualité (prix). Le plus gros challenge est d’éviter de trop s’exposer au soleil. Se protéger avec l’écran solaire. Apres le Kenya, l’Afrique du sud, on fabrique maintenant des produits l’Oréal en cote d’ivoire. Il faut utiliser de la protection solaire, consulter le dermatologue, oui. Les produits sont bien mais sans protection solaire, le traitement échoue. L’acné réapparait. Il n’y a pas que les produits dermo cosmétiques qui aident mais il y a aussi la façon de se protéger. Naturellement la peau Africaine noire n’a pas besoin d’anti ride. La jonction entre le derme et l’épiderme est beaucoup plus riche. Eviter les savons abrasifs, respecter la peau. La protection solaire pour l’Afrique est améliorée, son filtre est ultra léger.

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Dr M. Vershoore : j’ai organisé plusieurs workshops à Dakar, Nairobi dans le besoin de partager les connaissances avec les spécialistes de la santé de la peau, pour comprendre quels problèmes rencontrent leurs patients. Après toutes ces recherches, nous avons compris que le fléau N° 1 en Afrique c’est la dépigmentation volontaire. Entre 45 et 70 % de la population Africaine utilise des produits dangereux pour se décolorer la peau. Ainsi des études ont été menées à Dakar avec des anthropologues pour comprendre les motivations à la dépigmentation volontaire. Il a été remarqué que les populations ne l’utilisent pas dans le but de devenir blanc mais pour avoir un teint uniforme et éclatant, ‘’marron éclatant ‘’. Un désir de peau homogène. Pour obtenir ce résultat, tout part de la prévention des taches acnéiques qui sont à l’origine du teint inhomogène. Et on espère qu’en faisant cela, le gout de la dépigmentation disparaitra. Nous voulons engager l’Afrique à ne plus faire la dépigmentation volontaire. La peau noire est fragile, si on la dépigmente on la fragilise encore plus avec l’arrivée des champignons et autres parasites. Nous voulons faire de la prévention avec l’écran solaire. Oui étant noire on peut aussi utiliser une protection solaire. D’après une étude aux USA, sur des Afro Américains, après 8 semaines d’utilisation d’écran solaire, les taches ont diminuées de 80%. Donc il faut de la pédagogie, expliquer aux gens l’importance de protéger la peau du soleil.

AW: Quelles sont vos attentes de ce congrès ?

Dr M. Vershoore : Un succès de fédération de la dermatologie Africaine ! Ce que j’attend c’est la prise de conscience des problèmes de la dépigmentation volontaire. La prise de conscience des pouvoirs publics. Ici en Cote d’Ivoire, grâce au professeur Yoboué il y a un décret qui condamne les vendeurs de produits illicites. Interdiction d’accord mais il faut proposer des alternatives et c’est là où nous travaillons sur les peaux foncés, pour sortir un bon hydratant et on espère que petit à petit, les gens vont se détacher de la dépigmentation. C’est mon vœu le plus cher.

AW : Merci pour ces explications très enrichissantes !

Dr M. Vershoore : C’est moi qui vous remercie, d’user de votre canal pour sensibiliser.

Propos recueillis par Nelly Opeli


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