Baboa Tachie-Menson est la fondatrice et CEO de Balmlabs, une entreprise révolutionnaire lancée en 2020. Passionnée de technologie et de mode (présente dans cette industrie depuis plus de 10 ans), elle allie ses 2 amours dans son business qui offre des services 3D pour améliorer la façon dont les marques de mode produisent. Entretien avec une pionnière tout droit venue du Ghana.
On est bien curieuses de savoir comment vous vient l’idée de créer une agence comme Balmlabs ?
J’ai toujours été intéressée par la façon dont la mode et la technologie peuvent être intégrées pour rendre le processus de développement du design moins fastidieux qu’il ne l’est. Et de fil en aiguille, la passion pour la mode et pour la technologie aidant, Balmlabs voit le jour. Que faisons-nous concrètement ? Nous fournissons des services pour visualiser, échantillonner et tester les conceptions en 3D avant leur mise en production. D’autre part, nous créons également des visuels que les marques utilisent pour se connecter avec les consommateurs nouveaux et existants.
Le marché africain est-il prêt pour une telle innovation ?
Je reste convaincue que c’est le meilleur moment pour mettre en œuvre la technologie numérique dans notre industrie. Les marques se développent et vendent sur les marchés internationaux. Elles ont commencé à standardiser leur production afin de produire en grandes quantités. Et dans le même temps, la plupart des marques en Afrique ne travaillent qu’avec des artisans locaux. Leur artisanat peut se perdre avec le temps s’il n’est pas sauvegardé et transmis. Il est également plus difficile de produire en plus grande quantité avec une très petite équipe. C’est clairement une nécessité de faire de la place à la technologie dans la mode africaine.
Parlons entrepreneuriat à présent. De votre expérience, quelles sont les clés à avoir absolument quand on décide de s’y lancer, en Afrique ?
Il faut continuer à apprendre, rester ambitieux, ne jamais avoir peur de demander de l’aide et être capable de communiquer efficacement. De plus, je dirais aux entrepreneur.e.s : “Ne vous inquiétez pas si vous devez changer vos objectifs ou redéfinir votre stratégie plus d’une fois. C’est le processus normal.”
Dans la mode africaine, il est de plus en plus question de luxe, avec des événements et des enseignes qui s’y consacrent. Pour vous, quel est justement l’avenir pour le luxe sur notre continent ?
A mon avis, pour que le luxe prospère en Afrique, il nous faut construire l’infrastructure qui permet aux marques de concevoir, produire, commercialiser et vendre des produits de luxe, ici. Et dans ce sens, je trouve que les événements, notamment le Forum du luxe, sont une belle opportunité. Ils donnent aux acteurs africains de l’industrie, l’occasion de favoriser un sentiment de communauté. Aussi de mieux comprendre les différentes entreprises qui existent sur le continent. Ils nous donnent également l’occasion d’exprimer nos opinions, d’explorer de nouveaux domaines dans l’industrie du luxe. Et au-delà de fédérer nos efforts.
Pour finir, un mot pour Ayana webzine ?
Je pense que c’est important de mettre en avant des femmes inspirantes, de valoriser la représentation des femmes dans l’industrie du luxe, de la mode…. Cela les aide àcréer l’émulation chez d’autres femmes, à susciter pourquoi pas des vocations et à établir des liens entre femmes.
Pascale Andrée



