[ITW] Fatoumata Sangho, femme engagée pour le développement et leadership de la jeunesse malienne et africaine

En 1998, elle a porté la voix des jeunes du monde au siège des Nations-Unies à New-York au « Youth Peace Summit ». Puis en 2010, elle a adressé au Président OBAMA à la Maison Blanche, le tout premier plaidoyer lors de la première édition du Forum YALI. En 2015, elle est invitée  par le gouvernement Américain, au Sommet Mondial de l’Entreprenariat au Kenya, présidée par le Président OBAMA.  Vous l’aurez compris,  Fatoumata Sangho a l’engagement communautaire dans le sang. C’est à l’âge de 10 ans,  qu’elle commence à mener des actions au sein de la société civile malienne en étant présidente du parlement des enfants. Aujourd’hui cadre de banque, elle n’arrête pas de former des jeunes au leadership avec son association ADA (Association pour le Développement de l’Afrique). Rencontre avec une SuperWoman qui a mis au centre de son parcours son action pour les autres.

Présentez vous aux ayanas

Je suis Fatoumata Sangho. On m’appelle le plus souvent Fatou, ou bijou ou Mme Keïta. Ça dépend du milieu: les 3 me conviennent tout à fait ( rire). Je me définis tout simplement comme une africaine, une panafricaine engagée. Cet engagement remonte à presque 30 ans. J’avais à peine 10 ans quand le hasard et la coïncidence de la vie m’a fait première présidente des enfants du Mali et ça allait au delà du Mali, c’est l’Afrique. Et depuis mon engagement a commencé, et je me suis mise à créer des organisations qui luttent pour la cause des enfants, ensuite des jeunes et je suis encore dans ça. C’est l’engagement de toute une vie, qui me définit, qui fait partie intégrante de moi: Je suis AFRICAINE.

Peux tu nous raconter ton parcours ?

Dès mon jeune âge,  il y’a eu une année blanche au Mali. Vu que j’étais brillante, mes parents ont décidé de me faire étudier à l’étranger, pour ne pas que je perde une année, voire deux. Donc, je suis allée terminer mon lycée en France où j’ai eu mon  Bac économique. Ensuite j’ai intégré une école de management qui s’appelle Léonard De Vinci à La Défense où j’ai eu la chance d’être dans le monde du commerce, de la communication et du marketing. C’est la spécialisation que j’ai choisie et ça a vraiment changé ma vie en terme professionnel parce qu’au début je ne savais pas trop quoi faire. Et ça m’a permis de savoir ce que je veux faire et de m’orienter, de poursuivre mes études et surtout de me donner envie de participer à une programme d’échange au Canada. J’ai carrément quitté le monde français pour une ville, un pays anglophone : Ottawa à Carlton University où j’ai suivi une année de cours en Integrated Marketing Communication. J’y ai été exposée au monde anglophone avec des professeurs de haut niveau du monde de la communication, un nouveau réseau. Ça a eu beaucoup d’impact sur moi.
Je suis revenue sur Paris pour faire un MBA en banque, et depuis j’ai intégré la banque où je suis et j’ai évolué dans plusieurs secteurs. D’abord dans la communication bien sûr mais ensuite me retrouver dans d’autres secteurs de la banque mais parallèlement c’est mon engagement qui me donne la chance de beaucoup travailler dans le monde du développement, avec des organisations internationales, des ambassades, avec des programmes des départements d’Etat américains par exemple ce qui me donne une double casquette.

A lire aussi: [Interview] Lamazone Wassawaney, une plume- un combat: mettre fin aux violences sexuelles

D’où vous est venue l’idée de créer cette association? ADA*

*Association pour le Développement de l’Afrique*

Déjà à 10 ans vaccinée par le monde de l’engagement, quitter pour moi le Mali ne voulait pas dire oublier le Mali, ou oublier l’Afrique. Je suis partie en à l’étranger pour juste pour  les études, m’occuper de moi et des ambitions. Mais comme ça faisait partie intégrante de moi, j’ai jugé nécessaire en tout cas j’ai eu l’envie et le besoin de créer une association. Ce que j’ai fait avec d’autres amis à partir de la Léornard De Vinci.  Au début c’était que orienté sur le Mali mais le nom n’a pas changé c’était toujours Association pour le Développement de l’Afrique. Donc depuis la  France, avec l’association dont j’étais la présidente,  on a réalisé des projets de développement et des projets communautaires.
Pour la petite anecdote: le premier projet qui a été financé, sur la convention de partenariat, c’était signé par 2 personnes :  le président Sarkozy et moi. C’est une petite anecdote mais c’est important.  Parce que ça prouve que dès le début le projet était assez important pour qu’il obtienne cet aval et ce soutien de haut niveau. C’était le premier projet réalisé au Mali, la lutte contre la maladie du Noma. Ensuite on a continué dans beaucoup d’autres domaines, et voilà d’où a démarré l’histoire d’ADA. Et quand j’’ai déménagé de la France, ADA a continué à fonctionner en France et moi j’ai créé ADA Mali. On est resté en synergie comme partenaire. Aujourd’hui ADA Mali s’est spécialisée dans le leadership de la jeunesse africaine.

© RFI
© RFI

Quelles sont les difficultés auxquelles tu fais face en tant que femme qui a son travail, son association, sa famille… Et comment arrivez-vous à relever le challenge ?

(Rire) La difficulté en tant que femme c’est de gérer, en plus de l’engagement, tout le reste. Il faut donc gérer son association, sa carrière professionnelle , la vie de foyer, le rôle de mère, de sœur… En Afrique c’est le social il faut gérer, et on doit remplir ce rôle là pleinement, ce n’est pas à moitié. On a donc toutes ces casquettes là mais pour moi en tant que femme africaine on est des leaders donc soit tu refuses de jouer ce rôle ou soit tu le remplis et au mieux. Avec beaucoup d’engagement, beaucoup d’empathie parce que le monde dans lequel nous sommes nous rappelle que la femme est au cœur de toutes choses nous devons montrer l’exemple. Je le dis toujours aux jeunes filles à qui je parle, qui viennent me voir pour des conseils. Dès le bas âge en tant que jeune fille, c’est en cultivant ces valeurs qu’on arrive à construire une société positive avec de l’impact positif parce qu’on est des modèles. Mais qu’on le veuille ou non en tant que femme, il faut cultiver ce leadership et s’engager. Il ne faut pas croiser les bras et surtout développer la médiocrité.

A lire aussi: [Ayana] Sylvie N’tchandi Touré, entrepreneure passionnée du numérique

Quel est le conseil que tu donnerais aux ayanas ?

Je ne dirais pas conseil parce que moi, ma philosophie est que j’apprends tous les jours. C’est déjà de dire que je suis très fière d’elles, fière qu’elles soient des femmes engagées, battantes. Dire que ce n’est pas facile le combat pour le leadership féminin mais il faut être des femmes de demain, cultiver un leadership positif, un leadership à impact et il faut être à la hauteur du rôle, être un modèle pour toute une génération parce que les générations en dessous de nous, nous regardent. Les problèmes il y’en a tellement mais c’est à chacune de nous de faire sa part pour faire émerger l’Afrique, le leadership féminin africain de telle sorte que demain ça ne soit pas une problématique.

 

Retrouvez Fatoumata Sangho sur son compte Linkedin 

 

A lire aussi: [Interview] Lady Sonia, coach de vie: “Toutes les clefs sont en vous”


x

A lire aussi

Têtue...
Que vous connaissiez déjà l’histoire d’Ayana ou qu’elle vous ait déjà été racontée, avant de lire ces quelques lignes, vous aurez peut-être du ma...
Interview: Dans la vraie vie, comment sont les acteurs de Maîtresse d'un Homme Marié?
Maîtresse d’un Homme Marié est LA série du moment. Tout le monde en parle. Cette série sénégalaise produite par Marodi TV a su séduire l’Afrique ...