Le président sénégalais a nommé, le 5 avril dernier, sur proposition de son Premier ministre Ousmane Sonko, un gouvernement composé en grande partie de profils peu connus du grand public. Un total de 25 ministres avec à sa tête Ousmane Sonko et qui compte quatre femmes occupant des postes clés. Découvrons-les.
Yassine Fall, Ministre des Affaires étrangères

L’économiste chevronnée est la deuxième femme à être nommée ministre des Affaires étrangères au Sénégal. La nouvelle tenante du stratégique portefeuille de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, incarne cette nouvelle ère de leadership féminin au pays de la Teranga. Elle n’est pourtant pas une novice. En effet, après une première expérience de treize ans à la tête d’une entreprise internationale de conseil en politique macroéconomique, Yassine Fall a rejoint l’ONU. Elle y a passé quinze années à divers postes de responsabilité. Parmi ses fonctions, elle a été directrice régionale de l’UNIFEM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et directrice de la Division économique d’ONU Femmes à New York. En 2018, après avoir quitté l’ONU, elle a rejoint l’ex-Pastef, le parti fondé par Ousmane Sonko et Diomaye Faye, les actuels Premier ministre et Président de la République.
Fatou Diouf, Ministre des Pêches

Une autre figure marquante est celle de Madame Fatou Diouf, Ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires. Fatou Diouf est Chevalier de l’Ordre national et enseignante-chercheure spécialiste des activités maritimes. Titulaire d’une thèse de doctorat sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (dite pêche INN), elle a acquis une solide expérience professionnelle dans les administrations de la marine marchande et de la pêche du Sénégal, où elle a notamment officié en tant qu’Administrateur des Affaires maritimes. Elle a également été conseillère technique chargée des questions juridiques dans des cabinets ministériels. En parallèle, elle a participé à des conférences internationales et à la négociation d’accords internationaux sur la pêche et les transports maritimes, tout en enseignant le droit de la mer et des pêches maritimes à diverses institutions universitaires.
Maïmouna Dièye, Ministre de la Famille et des Solidarités

La nomination de Madame Maïmouna Dièye en tant que Ministre de la Famille et des Solidarités est également significative. C’est une actrice de développement qui a fini par migrer en politique. Présidente du mouvement des femmes de l’ex-Pastef, pour le Sénégal et la diaspora, elle est aussi maire de Patte d’Oie à Dakar, lors des élections locales de 2022. Son rôle dans la création d’un environnement favorable au bien-être de tous les citoyens met en évidence l’importance de la perspective féminine dans la formulation de politiques sociales.
Khady Diène Gaye, Ministre des Sports

Première femme à diriger le ministère sénégalais des Sports, Madame Khady Diène Gaye est également en charge de la Jeunesse et de la Culture. L’Inspectrice de la jeunesse et des sports s’engage à coopérer avec dévouement et détermination avec tous les acteurs du secteur. Sa vision inclut la promotion de l’inclusion, de l’équité et de l’excellence dans toutes les disciplines sportives, ainsi que la création d’un environnement propice au développement des talents locaux et à la cohésion sociale. Forte de son expérience et de sa détermination, elle prévoit une transformation systémique du sport sénégalais, avec des initiatives telles qu’un nouveau cadre juridique, une refonte de la loi sur le sport et une revalorisation de l’éducation physique et sportive à tous les niveaux.
Avec la nomination de ces femmes de tête, Superwoman en puissance, le Sénégal illustre bien sa volonté de progresser vers une gouvernance plus inclusive. Un timide début, tout de même audacieux pour Ousmane Sonko, à saluer et à encourager. Il nous faut pouvoir aller plus loin afin que le genre ne limite pas les possibilités mais enrichisse davantage et diversifie les perspectives nécessaires à une croissance et un développement durables de nos États.
Serge Nhiang’O



