« Sororité, suspens, action ». C’est en ces 3 mots qu’Alex Ogou résume sa nouvelle série Niabla. Vous avez pu la suivre en octobre sur CANAL+ PREMIERE. Elle est également en replay sur l’appli myCANAL. Nous, on vous emmène de l’autre côté de l’écran, derrière les caméras et bien plus loin encore.
Une histoire personnelle qui devient universelle

Au commencement était Aude Forget.
L’histoire de Niabla, c’est la sienne. Enfin, en partie.
« Niabla est inspirée de mon propre retour au pays après de nombreuses années. Retrouver ma famille et le pays de ma mère a été un bouleversement et une étape décisive dans ma vie. À mon retour en France, j’ai imaginé les retrouvailles de deux sœurs et j’ai commencé à écrire une ébauche d’un long métrage »
Aude Forget, auteure et actrice de la série Niabla
Sur conseils du producteur Fabien Giurgiu, le long métrage en projet se mue en série. Presque instinctivement, Aude pense à Anthony Martin pour poursuivre l’aventure. Au fil de l’écriture, deux autres mains se mêlent à la pâte, celles de Gauz « maitre-conteur et écrivain ». Il apporte avec lui « une autre dimension, réaliste et très organique au projet ».
Le parcours de Sia (le personnage principal) qui, à peine arrivée à Abidjan, se retrouve brutalement et à nouveau privée de sa demi-sœur prend de plus en plus forme.
Des post-it à l’écran : un réel défi créatif
Donner vie à Sia n’aura pas été de tout repos. Des heures, des mois, des années de travail ont dû être investies. Un peu beaucoup d’ingéniosité aussi. Et ce sont les mains à l’œuvre derrière ce succès qui en parlent le mieux.

« Pour moi, l’aventure Niabla a commencé en 2018, après mon deuxième livre. Le 16 octobre 2023, quand Niabla est sorti sur les écrans, je venais d’achever mon cinquième livre »
Gauz, auteur et acteur
« Ça n’a pas toujours été facile. Respecter les temps d’écriture relativement courts pour un projet d’une telle ampleur a été un vrai défi, mais nous n’avons rien lâché ! Lorsque le réalisateur reprend la main, c’est encore une nouvelle étape… »
Aude Forget, auteure et actrice


« L’écriture nous a pris presque deux ans. Nous sommes passés par des moments de joies extrêmes et certains plus douloureux. C’est un travail minutieux pour équilibrer les informations que l’on donne aux spectateurs pour qu’ils puissent avoir les clefs de compréhension, tout en devant faire avancer le récit »
Anthony Martin, auteur et acteur
« Le plus gros défi : arriver à tourner la série dans le même timing que toute autre série du genre et avec une seule caméra… Et le résultat final est ma plus grande satisfaction »
Alex Ogou, réalisateur

Niabla, série résolument féministe et engagée
Niabla est une série FEMINISTE. C’est un choix assumé, revendiqué même.
« On n’entend jamais le terme « Homme fort ». Petite, j’étais tellement agacée de voir des princesses attendre sagement leur prince alors que je sentais un volcan bouillir en moi. Dans Niabla, ça a été naturel de dépeindre les femmes que j’ai vu évoluer autour de moi, sans qu’elles soient nécessairement des héroïnes stéréotypées. Des femmes courageuses, déterminées, mais aussi et surtout remplies de failles »
Aude Forget

« … nous voulions faire une série féministe qui parle de sororité… La femme africaine est une femme forte. On voulait le montrer même à travers des endroits que les gens peuvent dénigrer. Dans la culture d’Afrique de l’Ouest, le matriarcat a une place très importante et pourtant on ne glorifie que la place des hommes encore et toujours (…) on voulait les mettre en valeur et montrer au public leur courage permanent »
Anthony Martin
Et ces femmes fortes sont à chaque étape de l’aventure de Sia en Côte d’Ivoire. C’est avec plaisir que vous (re)découvrirez Adjoua, Madame Corinne, Marguerite et Sia elle-même.
De la féminité, les personnages masculins en ont également à revendre. Même les plus insoupçonnés.

« Yao, même s’il a tendance à sortir son flingue et distribuer des gnons, il est une sorte de mère poule (il prépare à manger, s’inquiète pour tout…). Papa John, lui, il est carrément un poète, certes cruel, mais un poète amoureux d’une prostituée… »
Gauz
Mais ne vous y trompez pas, Niabla est bien plus qu’une « série de femmes ». On y parle du sujet « peu traité » de la drépanocytose et « de la manière dont les femmes (qui disposent de leurs corps librement) font face à des préjugés et violences (des hommes mais aussi de la part d’autres femmes) ». Ou pour faire moins politiquement correct, on y parle de Bizi sans faire semblant.

Comme le dit Alex Ogou, « On a rarement eu un traitement aussi réaliste de l’univers de la nuit ivoirienne dans ses côtés les plus durs et aussi pour les nombreux talents qui jouent dans la série. Les actrices dans Niabla sont à un niveau d’engagement et de nuances qui mettront tout le monde d’accord ».
Alors, d’avis ?
Pascale Andrée



