Aya, une jeune ivoirienne, quitte son pays natal pour s’installer en Chine suite à une déception amoureuse. Elle dit non à l’amour de sa vie devant le maire, il l’a trompée la veille de leur mariage. Là-bas, elle rencontre un homme plus âgé, un personnage fascinant qui va bouleverser sa vie et ses perspectives. Une histoire d’amour, aussi belle qu’imprévisible…
L’histoire d’Aya nous fait réfléchir sur les thématiques du métissage, de l’indépendance féminine, des sacrifices, et des choix de vie. En tant que spectatrice, vous serez transportée dans un voyage entre deux mondes, le tout sublimé par une esthétique visuelle à couper le souffle. « Black Tea » vous fait voyager.
Sorti dans toutes les salles de Côte d’Ivoire depuis le 11 octobre 2024, le film est un petit bijou cinématographique qui transcende les frontières culturelles, ethniques et émotionnelles. Réalisé par l’acclamé Abderrahmane Sissako, ce film est une ode à la rencontre des cultures et à la complexité des relations humaines, offrant au public une œuvre à la fois profonde et visuellement envoûtante. Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec Nina Mélo, l’actrice principale. Elle nous livre son expérience unique du tournage, et quelques exclusivités.

Hello Nina !
Bonjour à toutes les AYANAs !
On aimerait bien connaitre ton parcours.
Je suis Nina Mélo, actrice française. Née à Aubervilliers de parents tous deux originaires de la Côte d’Ivoire. Mon parcours dans le cinéma a commencé de manière assez imprévue. J’avais à peine terminé mes études en communication commerciale et je rêvais déjà d’écrire des histoires, notamment comme celles de Harry Potter. Faire carrière dans le cinéma est venu un peu par hasard, mais ensuite, il y a eu un long travail rigoureux. Aujourd’hui, je me consacre pleinement à ma carrière d’actrice, et j’ai l’honneur d’incarner le rôle d’Aya dans « Black Tea » réalisé par Abderrahmane Sissako. Je suis aussi auteure réalisatrice. Et mes projets à venir sont un documentaire et une série de fictions.
Dans « Black Tea », ton personnage Aya prend une décision radicale : dire « non » le jour de son mariage. Un message fort sur la liberté et l’indépendance féminine. Quel était ton état d’esprit à la lecture du script ? Et y a-t-il un peu de cette Aya en toi ?
Quand j’ai lu le script pour la première fois, j’ai tout de suite ressenti la puissance de ce moment où Aya dit « non ». C’est un acte de liberté, de reprendre le contrôle sur sa propre vie, même si c’est à un instant aussi symbolique et décisif que le jour de son mariage. Dans la vie réelle, mon premier réflexe aurait été de dire : « Moi, je l’aurais exprimé bien plus tôt ! » Car je suis plutôt impulsive, je n’attends pas pour réagir. Mais c’est à ce moment que j’ai compris toute la complexité d’Aya. Elle prend le temps de laisser les événements suivre leur cours, elle observe, analyse, et lorsqu’elle finit par dire « non » à Toussaint (son fiancé), c’est d’autant plus puissant. C’est un choix mûrement réfléchi, profond, un vrai choix de cœur, pas une simple impulsion. Et au fil du film, on découvre que ce « non » est en réalité plus nuancé… Je vous invite à le découvrir par vous-même.
Parlant de découverte, dans « Black Tea », on fait une rencontre surprenante, entre deux cultures. Comment as-tu vécu ce voyage entre ces deux mondes, cette immersion culturelle ?
Ce fut un véritable voyage, une découverte incroyable. Ce film invite à explorer une autre facette des relations possibles entre la Côte d’Ivoire et la Chine, mais aussi du métissage en général, qui peut parfois sembler intimidant, mais qui est en réalité un appel à l’aventure. Par exemple, apprendre le mandarin a été un véritable défi pour moi.
Je me souviens avoir beaucoup pleuré, car quelques mois avant le tournage, mon niveau n’était pas encore suffisant. Mais, avec persévérance, j’ai fini par y arriver. Cette expérience culturelle intense m’a énormément enrichie.
C’est aussi l’une des morales du film : savoir qu’au final, rien n’est impossible. Il faut être audacieux ! Oser quitter son pays pour l’aventure et découvrir que l’on peut se sentir un peu chez soi à l’étranger, et qu’il existe une véritable rencontre culturelle et humaine. Oui, tout est possible.
Au-delà de cette leçon, quelles sont, selon toi, trois raisons pour lesquelles il faut voir absolument « Black Tea » ?
Premièrement, le voyage. On traverse la Chine, la Côte d’Ivoire et le Cap-Vert, et c’est aussi un voyage à travers la tradition du thé. C’est une expérience dépaysante qui mérite vraiment d’être vécue.
Deuxièmement, il y a la rencontre amoureuse. Elle est différente de ce qu’on voit habituellement : ce n’est pas un amour cru ou vulgaire. C’est une rencontre pleine de respect, subtile et pudique, une véritable connexion. Cela change, et rien que pour cela, c’est une belle raison de voir le film et de découvrir l’amour sous un autre angle.
Troisièmement, Aya. C’est une magnifique femme ivoirienne, forte, sensible et belle. Je suis vraiment fière de la représenter à l’écran, et j’invite toutes les femmes ivoiriennes à aller voir le film. J’espère lui avoir fait honneur, et je pense que oui.
Clap de Fin
À une époque où la peur de l’autre est omniprésente, « Black Tea » nous rappelle la beauté des rencontres improbables et l’importance d’embrasser la diversité. Aya et son partenaire forment un couple qui incarne le défi et l’espoir de notre ère moderne : l’amour peut-il réellement dépasser les différences culturelles, les traditions et les pressions sociales ?
Si vous êtes passionnée par les histoires qui touchent à l’âme, si vous aimez les films qui sortent des sentiers battus, « Black Tea » est le film à voir absolument. C’est une œuvre qui va au-delà du divertissement pour vous offrir une expérience cinématographique enrichissante. Vous en ressortirez grandie, émue, et inspirée.

Serge Nhiang’O



