Nouveau féminicide en Côte d’Ivoire. Ce mercredi 11 septembre, la police découvre le corps mutilé et en état de putréfaction de la jeune Yohou Ange Emmanuella connue sous le pseudonyme d’Océane Konan (TikTok), dans une résidence meublée à Cocody II Plateaux. Cette macabre découverte marque la fin d’une recherche lancée depuis plusieurs jours par ses amies. Mais surtout le début d’une affaire qui fait déjà grand bruit. Retour sur les faits.

Océane connaissait son « bourreau »
Selon les témoignages de proches de la victime, Océane s’est rendue à la résidence meublée à la demande de son petit ami.
« On l’appelait le beau des beaux. Il était tellement gentil (…) Il nous a fait croire qu’il faisait la navette entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, et que la résidence était sa maison. Dans la nuit du jeudi au vendredi (5 au 6 septembre 2024, ndlr), il l’a appelée pour lui demander de venir le voir avec deux amies parce qu’il recevait un frère qui venait d’arriver du Maroc et qui ne connaissait pas la Côte d’Ivoire. Ils allaient chiller et lui montrer comment la Côte d’Ivoire est intéressante. », a expliqué l’une de ses proches dans une vidéo sur TikTok.
Quelques temps après leur arrivée sur place, l’une des deux amies d’Océane, qui devait retrouver quelqu’un, s’en va. La deuxième amie restée sur place s’ennuie parce que le « frère » présumé s’est endormi. Elle propose à Océane de partir également, ensemble. Mais la jeune femme préfère rester avec son petit ami qui lui a promis une forte somme d’argent et fait croire qu’il retournait au Maroc deux jours plus tard. L’amie laisse donc les amoureux entre eux et rentre chez elle. Océane n’a plus donné signe de vie jusqu’au lendemain.
Quelque chose ne va pas
« Aux environs de midi (le lendemain, ndlr), elle envoie un message à une amie (T.) pour lui dire qu’elle est en route pour la maison. Peu de temps après, elle envoie un second message pour dire qu’elle est arrivée à la maison alors que T. y était avec un groupe d’amies », témoignage recueilli sur TikTok. Les filles commencent à s’inquiéter et comprennent que quelque chose de pas normal se passe. Elles essaient d’appeler Océane sans succès. Elles décident donc de se rendre à la résidence avec celles qui y étaient dans la nuit de jeudi à vendredi.
Sur place, le gardien les informe que l’appartement en question est une résidence meublée et que l’occupant est absent. Elles lui demandent de leur donner accès à l’appartement pour s’assurer que leur amie va bien : « On tape, elle ne répond pas, c’est quelqu’un qui aime dormir. Donc, ouvrez on va voir si elle va bien ». Le gardien les renvoie vers la propriétaire des lieux. La dame leur fait savoir qu’elle n’a pas le double des clés de la résidence et leur explique que l’occupant n’a pas encore réglé sa facture. Les filles proposent d’enfoncer la porte et de prendre en charge les travaux de réparation. Ce que la propriétaire refuse.
Le groupe d’amies va donc porter plainte et revient sur les lieux avec la police. La propriétaire exige cette fois un mandat de perquisition. Le mandat est obtenu le 11 septembre.
L’épilogue macabre
Une fois la porte ouverte, le décor renforce leurs inquiétudes : l’appartement est sens dessus dessous et laisse penser qu’il y a eu affrontement. « Tout était mélangé, même assiette on mange dedans, tout était cassé. Le tuyau du gaz débranché… ».
Au milieu de tout ce chaos, les amies reconnaissent le sac d’Océane. Et la police finit par retrouver le corps mutilé de la jeune femme sous le lit, emballé dans un drap, des parties intimes enlevées.
Le présumé coupable a finalement été retrouvé et mis aux arrêts. Le dossier poursuit son cours.
Que justice soit rendue à Yohou Ange Emmanuella alias Océane et à toutes les femmes victimes de violences de tout genre !



