[Intw] Adama Paris : “ne vois pas tes défauts, mets en avant tes qualités.”

 Adama Paris, de son vrai nom Adama Amanda Ndiaye, une femme afropolitaine*  qui le revendique. Libre et passionnée, c’est animée d’une détermination sans borne qu’elle continue sa conquête du monde. Avec sa Black Fashion Week qui s’exporte aux 4 coins du monde : Paris, Prague, Bahia et maintenant Montréal, sans parler de son émission TV La Nouvelle Top diffusée sur la chaîne A+, et de sa chaîne de télé Fashion Africa TV, Adama Paris mène une vie à 1000 à l’heure.  Elle a accepté de faire une courte pause dans sa course effrénée pour nous dévoiler un bout de son histoire et nous donner quelques conseils. 

AW: Bonjour Adama, pour commencer peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

  • AP: Bonjour ! J’ai fait des études d’économie, j’ai un DESS d’économie. Et j’ai commencé par travailler un peu dans la banque… Mais je n’ai jamais fait d’études de Mode. À l’époque j’étais en France, je prenais des cours à la mairie de mon arrondissement. Il y a avait des cours de mode, de coupe, de modélisme, etc. donc voilà, c’est comme ça que j’en suis venue à la mode.

AW: Donc la mode était au départ d’une simple passion… Pour arriver à en faire un business, quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées ?

  • AP: Les difficultés que j’ai rencontrées, ce sont les difficultés de toute jeune entreprise : c’est de trouver de l’argent, trouver des investisseurs, trouver des gens qui croient en toi, trouver des points de vente, trouver des fabricants… Surtout dans la mode où il faut fabriquer les produits. Donc au départ je fabriquais mes petits trucs chez moi et puis au bout d’un moment ce n’était plus possible donc il a fallu créer un atelier. En somme c’est s’organiser et trouver de l’argent, les plus grandes difficultés. Et par la suite participer à des événements qui pouvaient mettre en avant ma marque, c’était souvent très cher. J’ai fait les salons du prêt-à-porter et à l’époque c’était vraiment cher, enfin ça l’est toujours d’ailleurs. La plus grande partie des difficultés est souvent liée à l’argent.adama_ndiaye_alias_adama_paris

 AW: Quel a été pour toi le moment le plus déterminant dans ta carrière ? Là où tout a basculé…?

  • AP: Je pense que c’est sans aucun doute lorsque j’ai commencé à organiser Dakar Fashion Week. C’était une excellente idée, je m’en félicite. À l’époque, j’avais gagné un peu d’argent parce que j’avais fait la couv’ de Paris Match sans mon accord alors j’avais porté plainte, et avec le procès. Et j’avais décidé (j’étais très jeune) que l’allais m’acheter un appartement à Paris, mais avec le reste de l’argent, j’avais fait un plan sur 5 ans pour financer Dakar Fashion Week, même si j’avais personne pour m’accompagner. Mon père, ma mère, mon comptable, tout le monde s’arrachait les cheveux (rire).  Donc je suis allée à Dakar lancer Dakar Fashion Week et j’étais contente de savoir des années plus tard qu’on était la première Fashion Week africaine en appellation. Pour moi c’était vraiment un « Big Deal ». Pour nous les africains qui ne vivons pas en Afrique on a toujours cette envie-là de revenir, de faire des choses, de prouver…  Et c’était très important pour moi que Dakar réussisse. C’est Dakar qui m’a fait connaître.

 AW: Alors en ce moment, tu es sur pleins de projets : Tu as la Black Fashion Week, tu as la télé qui vient avec la Nouvelle Top… Comment on gère tout ça ? Comment on arrive à maintenir aussi sa vie privée dans ces cas-là ?adama-paris-portrait

  • AP: Il faut être organisé ! [rires]. Mais si c’est vrai que je fais beaucoup de choses, il ne faut pas perdre de vue que je fais beaucoup de choses dans le même domaine. Donc on travaille en synergie avec mes équipes, on travaille tous dans le même bureau. Encore une fois c’est de l’organisation !

 AW: Est-ce que tu aurais un message pour les Ayana qui suivent le magazine mais qui te suivent aussi ?

  • AP: Je pense que pour toutes les femmes, et particulièrement pour les femmes africaines, e on ne rêve pas assez en Afrique, les jeunes femmes ne rêvent pas assez. Elles se disent que ça n’est pas à leur portée, et moi c’est un rêve qui m’a amené là où je suis. Alors bien sûr j’ai travaillé dur derrière, car je ne suis ni la femme de… Ni la fille de… Ni la maitresse de… C’est bien la preuve qu’on peut y arriver avec beaucoup de travail, même sans argent. Parce que souvent les gens pensent que je suis riche ou qu’au départ j’avais de l’argent. À chaque fois que j’ai eu envie de faire quelque chose, j’ai eu l’idée avant d’avoir l’argent. Quand j’ai voulu faire Dakar Fashion Week on m’avait dit « mais tu es malade !! ». Quand j’ai voulu faire la Black Fashion Week, c’était pire encore, parce que je ne voulais pas me contenter du 18eme**, je voulais la Place Vendôme on m’a dit « tu te rends compte ça coûte une fortune ». Pareil pour la télé on m’a dit « mais tu es carrément tombée sur la tête ». Je crois vraiment à la pensée positive, c’est-à-dire que quand on croit aux choses on peut les faire. On est quand même une espèce assez rare nous les africains, et ce n’est pas parce que je suis chauvin*** ; je veux dire on parle français, on parle anglais on a appris leur langue et on a notre culture. Il y a pleins de cultures qui n’ont et ne connaissent  que leur culture, alors on a la chance de d’englober quand même pas mal de choses. Moi je parle anglais, français, italien, wolof, peul, on se rend même pas compte à quel point on est privilégié de ce côté-là. Il faut que l’on arrête de voir les mauvaises choses de nos vies. Mon conseil c’est : ne vois pas tes défauts et mets en avant tes qualités.

 Propos recueillis par Amie K. 

*Afropolitaine: Africaine aux multiples influences
** 18eme:  Quartier populaire et cosmopolite de Paris
***chauvin : Qui a ou manifeste un patriotisme excessif

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