[Interview] Sarah Yakan & Emilia Mambissa, femmes d’influence

Femme d’influence est un site internet dédié aux femmes et axé sur le développement personnel. Femme d’Influence, c’est un magazine suivi par un peu plus d’un million de personnes sur les réseaux sociaux. Derrière ce succès se cache deux femmes, Sarah Yakan, fondatrice du magazine et Emilia Mambissa, directrice marketing. Ensemble, elles dirigent la marque et se consacre pleinement à la transformation de chaque femme en femme d’influence. De passage à Abidjan, nous les avons rencontrés pour une interview. Découvrez ces femmes d’influence.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Femme d’Influence?

 

Sarah: J’étais dans une période de ma vie où je m’intéressais beaucoup au développement personnel, où je cherchais à créer quelque chose par moi-même. J’ai donc eu l’idée de créer un magazine pour les femmes (de base, je ciblais les femmes noires mais après, ça a beaucoup évolué) sur le développement personnel. Il fallait parler de tous les sujets qui les intéressent: relation amoureuse, carrière professionnelle, leadership… C’est donc autour de ces sujets que j’ai créé le site internet et ensuite, la page Facebook.

 

Comment vous vous êtes connues toutes les deux?

 

Emilia: Sarah et moi nous sommes connues lors d’un événement où je lui ai proposé de faire un partenariat avec Femme d’Influence, qui existait déjà depuis quelques mois. A l’époque, je travaillais dans l’événementiel. Ensuite, nous avons travaillé ensemble. J’étais rédactrice dans les débuts. Et au fur et à mesure que Femme d’Influence s’est développé, on s’est associé. Maintenant, nous sommes associées et nous gérons l’entreprise ensemble.

 

Deux femmes en tenue blanche, une est assise, l'autre debout à ces côtés. Ce sont Sarah Yakan et Emilia Mambissa de Femme d'Influence
Emilia (assise) et Sarah

Quelles ont été vos expériences avant Femme d’Influence? Quels sont vos parcours respectifs?

 

Sarah: J’ai fait un BTS Communication. C’est ce qui m’a permis de savoir bien communiquer, bien cibler, créer une communauté…Aussi, j’ai fait pas mal de jobs dans des magazines. Depuis toujours, c’est ce que je voulais faire mais je ne savais pas comment le créer. En plus, à l’époque, je voulais créer un magazine papier et je ne me rendais pas compte à quel point la presse aujourd’hui, c’est très difficile. On y gagne très peu d’argent, à part les anciens magazines, ceux qui ont déjà une très grosse renommée. Se lancer avec un magazine papier quand on n’est pas très connu, c’est très compliqué. Voilà pourquoi j’ai décidé de me lancer dans le digital. C’est un métier que je ne connaissais pas; j’ai dû l’apprendre. Je me suis formée.

 

Emilia: Pour ma part, j’ai un Master en communication spécialité médias et un deuxième master en Marketing digital. En amont, je faisais aussi de l’événementiel. J’organisais des événements pour les femmes. On a des parcours qui se rejoignent. C’est comme ça qu’on a pu réunir nos compétences et développer la marque.

 

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Femme d’Influence ne fera donc jamais de magazine papier?

 

Emilia: Il ne faut jamais dire jamais.

Sarah: En tout cas, ça ne sera jamais une partie de notre business. Quand on va le créer – parce que moi, j’ai toujours envie de le créer et je le ferai – ce sera beaucoup plus par passion que pour des raisons business. On sait que ce n’est pas ça qui va nous rapporter le plus d’argent. Ce n’est pas ça qui va nous permettre de faire vivre l’entreprise.

Emilia: C’est un gros coût que de faire un magazine papier.

 

Quelles ont été vos principales difficultés après la création du site internet?

 

Sarah: J’ai été très surprise. J’ai créé une plateforme et c’était la première fois que j’entreprenais quelque chose de ma vie; j’avais alors 25 ans. Et, de voir autant de personnes qui s’abonnent d’un coup, ça donne beaucoup de responsabilités à un certain âge, assez jeune. J’ai été surprise par ça. Je me suis dit “qu’est-ce que je fais maintenant? ”. Je travaillais comme vendeuse et là, je dois me mettre à 100% maintenant pour répondre à la demande. Donc j’ai dû faire la commerciale-ce qui n’est pas mon truc du tout. J’ai dû démarcher des entreprises pour rémunérer- me rémunérer déjà, vendre mon audience. Nous, on a commencé par le business de la publicité. C’est comme ça qu’on s’est rémunéré d’abord. ça a été ma première difficulté: savoir comment gagner de l’argent. Et même maintenant que je sais comment je vais gagner de l’argent par la publicité (si on veut, la publicité, ça ne rapporte pas beaucoup non plus), faire la commerciale alors que je n’ai jamais été formé, savoir se vendre alors que je suis assez timide et modeste. En gros, changer un petit peu sa personnalité pour pouvoir mettre en avant son entreprise. ça a été mes deux plus grosses difficultés. La troisième, c’était de me séparer de mes amies. Au début, je travaillais avec mes amies. C’était donc de me séparer de mes amies qui n’étaient pas assez compétentes pour travailler avec moi.

Sarah Yakan

Vous vous attendiez à un tel succès?

 

Sarah: Je m’y attendais parce que j’avais quand même travaillé mon sujet mais disons, que je ne m’y attendais pas aussi rapidement. Honnêtement, avant de lancer Femme d’Influence, j’ai travaillé le sujet, la cible, le projet et je savais que ça allait plaire. La question était plus: combien de temps ça allait mettre?

 

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Quelle est votre fierté personnelle depuis que vous avez commencé à travailler sur FI?

 

Sarah: D’aider les femmes. D’avoir des messages à chaque fois de personnes qui disent: “j’étais en dépression. Grâce à vous, à vos messages, vos articles, j’ai l’impression que je peux dominer le monde.”. Finalement, changer une façon de penser du tout au tout, c’est ma plus grosse fierté. Mettre en avant des femmes qui n’étaient pas assez connues, qui avaient une entreprise et qui avaient besoin d’un coup de pouce, avec l’audience que j’ai, je peux me permettre de devenir une aide pour les autres. Pas seulement de la motivation à leur donner mais leur donner aussi une possibilité de se faire connaître.

 

Emilia: Moi, je dirais d’apprendre. On apprend beaucoup. Chaque jour, on apprend énormément de choses. Comme elle l’a dit, on a des retours et ils nous aident à apprendre, à nous perfectionner. On fait des événements et on des retours que ce soit après les événements ou sur Internet. Je parle d’événement parce que c’est le canal le plus physique. On rencontre les personnes directement. Au final, on fait du développement personnel mais on se développe nous-mêmes. Tout le monde se développent. C’est la loi de “tu donnes, tu reçois.”.

 

A quand le prochain Femme d’Influence à Abidjan?

 

Sarah: On est là pour ça. Pour voir avec qui on peut travailler pour créer des conférences ici, au Congo, au Cameroun.

 

Emilia: Vraiment, toucher l’Afrique. La Côte d’Ivoire est le premier pays d’Afrique qui nous suit. Il y a plus de quarante mille ivoiriens qui nous suivent. On a énormément de retours. Dans les commentaires, il y a toujours des ivoiriennes. On a vraiment envie de faire un événement ici et de les rencontrer physiquement. Parce que comme je dis, le digital, c’est bien mais physiquement, c’est autre chose.

 

Quelle est votre philosophie de vie?

 

Sarah: C’est la phrase que je dis toujours: “fais de ta vie un modèle pour les autres.” Dans ta vie, qu’est-ce que tu vas faire qui pourrait inspirer les autres? C’est vraiment le message de Femme d’Influence et c’est pourquoi je l’ai appelé comme ça. Femme d’Influence, tu vas influencer, qui, quoi et comment? Est-ce que ça va être positif ou négatif? Quand les personnes te voient, qu’est-ce qu’ils pensent de toi? C’est la philosophie de vie du magazine, en fait.

 

Emilia: Moi, c’est une citation que j’aime bien: “No dreams. Only plans”. C’est-à-dire ne rêve pas ta vie, aies des projets concrets. Laisse tomber les rêves parce qu’un rêve, c’est quelque chose qu’on idéalise beaucoup. C’est bien de rêver mais ça paraît impossible. C’est bien parce que ça permet de l’inscrire dans ta vision mais une fois que tu as l’objectif de le réaliser, il devient tout de suite plus à portée de main.

Emilia Mambissa

Le mot de fin?

 

Sarah: J’invite toutes les femmes à réaliser leurs rêves, à trouver leurs visions parce que c’est ce qui permet de créer. Qu’est-ce qui nous anime? Quelles sont nos idées, nos convictions? Quelles sont les choses pour lesquelles on a envie de se battre? C’est ce qui va nous permettre de réaliser nos objectifs. Pour entreprendre, il faut être persévérante et motivée. Voilà pourquoi il est important de connaître les réponses à ces questions. La deuxième chose, c’est qu’il faut savoir s’inspirer des meilleurs, savoir faire preuve d’humilité,ne pas croire qu’on a des certitudes et qu’on sait tout et être capable de s’humilier et de prendre exemple sur ceux qui ont déjà réussis.

 

Emilia: Se développer, apprendre et inspirer.

 


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