[Interview] Corinne Erambert: “on vend du rêve, que c’est bien d’être à son propre compte”.

[Interview] Corinne Erambert: "on vend du rêve, que c'est bien d'être à son propre compte".
Corinne Erambert, 27 ans est chef d’une entreprise dans le domaine culinaire avec l’agro-alimentaire et les TIC. Sénégalaise d’origine guadeloupéenne, elle tient un blog où elle poste ses recettes et bons plans. En visite à Abidjan, nous l’avons rencontré et elle a bien accepté de répondre à nos questions.

 

Quel a été votre parcours?

Comptable de formation, je lâche tout parce que je ne trouvais pas un travail à la hauteur de mes diplômes. C’est ainsi que je décide de me consacrer donc à ma passion et très vite j’en fais une entreprise. A ce jour, grâce à la persévérance et à la volonté, j’ai le plaisir de travailler avec les leaders de l’agro alimentaire et du digital. Je donne des cours de cuisine ainsi que des shows cooking pour des marques face à leur plus gros clients et passe le plus de mon temps en cuisine pour ,soit créer une nouvelle recette à mettre sur le blog ou peaufiner un plat pour mon livre de cuisine. Mais mon gros défi reste mes gâteaux à thème pour les anniversaires, mariages ou tout autres événements de la vie qui nécessite un gâteau et à cela j’aime toujours dire cette phrase : la comptable de
formation qui fait des gâteaux sans formation ! Aujourd’hui, j’ai à mon actif un livre de cuisine chaque année, une communauté de plus de 80.000 personnes ainsi que un blog avec plus de 300.000 visites et un service traiteur qui roule 24h/24.

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Bravo! Mais comment les Ateliers de Corinne ont-ils vu le jour? Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer?

Les Ateliers de Corinne, c’est 3 activités. La première, c’est des cours de cuisine pour des particuliers et pour les professionnels. C’est également des shows cookings pour les marques. Ce sont des cours qui ne délivrent pas de diplômes; je ne suis pas une école mais plutôt un atelier de cuisine. Toutefois, les cours sont au même niveau de qualité que ceux d’une école de cuisine. La deuxième activité, c’est la pâtisserie. Je suis fan de pâtisserie. J’adore faire des gâteaux. La dernière activité, c’est le blog. Sur le blog, je fais la promotion de restaurants, de marques, de produits alimentaires et du Made in Sénégal via du contenu écrit, photo et vidéo. Et cette année, j’ai sorti un des premiers produits LADC outre les gâteaux un calendrier culinaire qui est un mix entre un livre de cuisine classique et un calendrier. Il indique les débuts et fins de saison des fruits et légumes du Sénégal.

 

Quel est votre plus beau souvenir en tant qu’entrepreneure?

Mon plus beau souvenir? Peut-être mes plus belles réalisations. Parce que je ne veux pas être négative mais aujourd’hui quand on parle d’entrepreneuriat, je pense d’abord à la difficulté. J’ai eu plus de difficultés même si maintenant ça va, tout me sourit. En termes de souvenirs, je parlerai donc plutôt de la galère que j’ai eu pour avoir des clients qui sont aujourd’hui fiers du travail qu’on abat. Je pense que tout le monde valorise l’entrepreneuriat, et c’est bien d’entreprendre mais on vend un peu du rêve en disant que c’est bien d’être à son compte. On ne dit pas que c’est dur.

Corinne Erambert et les Ateliers de Corinne

Quelle a été votre plus grande difficulté dans ce cas?

Ça l’est encore, ma plus grande difficulté à ce jour. Dans les débuts, il fallait que j’instaure dans la tête des gens que ce n’est pas une école de cuisine mais un atelier de cuisine. Les ateliers n’étaient pas connus; il n’y en avait pas à Dakar. Par exemple, le calendrier de cuisine que j’ai récemment fait sortir. Il est difficile de faire comprendre aux gens que c’est un livre de cuisine avec juste un calendrier inséré. Donc ce n’est pas parce que c’est marqué 2018 que ça ne sert plus à rien. Ma plus grande difficulté, c’est de faire comprendre mon univers.

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Quelle est votre spécialité?

Je fais tout. Tous les plats salés. Je le fais bien. Mais la spécialité que j’ai choisie, c’est la pâtisserie. Et la pâtisserie que je fais les doigts dans le nez, c’est la meringue.

Corinne Erambert adore la patisserie

Quel message voulez-vous laisser aux Ayanas?

Aux Ayanas qui recherchent un accomplissement professionnel, je dirais: “il faut se lancer. Il ne faut pas attendre le bon moment. Il n’y en a pas. Il faut avoir la peau dure et savoir provoquer le destin. Si vous voulez travailler avec une entreprise et que vous avez appelé plusieurs fois, envoyé des messages et qu’on ne vous répond pas, vous débarquez là-bas sans rendez, vous forcez. N’ayez pas honte et surtout n’ayez pas peur de parler de finances, d’argent parce que vous travaillez pour de l’argent.

Et dernière question, vous avez mangé garba?

(Rires) Pas encore. Dès que je suis arrivée, c’est ce que j’ai demandé à manger, ça et foutou banane et sauce graine. On m’a dit d’attendre Vendredi pour la sauce graine. Donc je suis frustrée. Je vais manger le garba demain matin.

 

Merci Corinne !


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