Malia Missainhoun-Amon, fondatrice de la marque Waxmalia depuis ses 13 ans

Malia Missainhoun--Amon- Fondatrice de Waxmalia

Waxmalia est la marque d’accessoires féminins en wax de Malia Missainhoun-Amon, une jeune et ambitieuse entrepreneure de 15 ans. Elle propose différents articles notamment des tote-bags, des pochettes, des sacs…fabriqués en Côte d’Ivoire par des artisans locaux avec des tissus achetés sur place. En classe de seconde, elle dirige cette entreprise, aidée de ses parents depuis l’âge de 13 ans. Le nom Waxmalia est un mix entre wax, nom du tissu, matière principale utilisée pour les créations, et son prénom Malia. On vous invite à découvrir la jeune Ayana dans cette interview.

Pourquoi le choix du wax ?

Le choix du Wax s’est imposé à moi comme une évidence. C’est en recevant, de mon père, de retour d’un séjour en Côte d’Ivoire, des vêtements et sacs en Wax, que l’idée de créer une collection d’accessoires en Wax a commencé à germer, pour prendre forme assez rapidement. Je connaissais déjà ce tissu que je voyais sur ma mère ou mes grands-mères au quotidien et lors d’événements particuliers. C’est un tissu chatoyant, que l’on offre assez fréquemment et qui ravit aussi bien celui qui l’offre que celui qui le reçoit. Le wax est coloré, gai, lumineux, à motifs divers, que l’on peut porter à toutes occasions et qui plaît à toutes les générations. J’aime également le bazin, ou le kita. Mais pour moi le wax était le plus approprié pour la création des produits Waxmalia.

Comment est née Wax Malia ?

L’aventure a commencé en 2018. J’avais 13 ans, lorsque mon père est parti en voyage en Côte d’Ivoire. Je lui ai demandé de me faire coudre des tote bags en wax. À son retour, j’ai adoré les sacs et je lui ai soumis l’idée de proposer ces produits, qui me plaisaient tant, au plus grand nombre. Et c’est ainsi que tout a commencé.

Nous avons décidé d’ouvrir une boutique en ligne et proposer nos produits au monde. Nous avons d’abord fait coudre 5 modèles tests que nous avons proposés à nos proches. Tous les produits ont été vendus très rapidement. Forts de ce succès, nous avons franchi l’étape suivante et ouvert le site www.waxmalia.com

Comment se passe la collaboration entre père et fille ?

Nous sommes complices dans la vie, donc gérons Waxmalia en équipe. Maman est aussi présente au quotidien, et veille. Dès l’origine, le nom Waxmalia est né d’un brainstorming familial autour d’une table. Nous avons ensuite travaillé ensemble à la création du site internet, au référencement des produits… Ce fut très long, mais instructif.

Les démarches administratives, les factures à régler, c’est papa et maman qui s’en sont occupés. Le choix des tissus, des modèles à produire, des packagings… C’est en famille que ces décisions sont prises. J’essaie, le plus souvent possible, de préparer les colis dans lesquels je glisse toujours un petit mot. J’aime particulièrement échanger avec les clients et les personnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux.

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Parlez-nous de la marque. Qu’est-ce qui fait que les gens ont envie de commander du Wax Malia ?

Waxmalia est une marque jeune, fraîche. Nous ambitionnons d’apporter de la fraîcheur, de la couleur, de la gaîté au quotidien de nos clients. Nos produits de qualité allient la beauté du tissu à la beauté du produit fini, qui en plus, est très pratique. Nos produits peuvent se combiner avec toutes sortes de tenues. Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les âges. Les retours très positifs des clients en témoignent.

Est-ce vous qui dessinez vos modèles ? Quel est votre processus créatif ?

Pour l’instant, je ne dessine pas les modèles de Tote bags ou pochettes que nous proposons. Nous sommes partis des modèles classiques auxquels j’ai rajouté ma touche personnelle. J’ai, par exemple défini les dimensions idéales du produit, afin qu’il ne soit pas trop encombrant, mais suffisamment pratique. En fonction du produit, j’ai choisi d’y ajouter un bouton ou une fermeture à glissière, pour plus de sécurité ou d’y intégrer une accroche clefs… Choix des matériaux, des doublures. Vient ensuite le choix des tissus ; étape cruciale.

Ma tante Edwige basée à Abidjan s’occupe d’acheter les tissus, au marché (Adjamé, Cocody) et dans certains magasins. Je lui indique les noms des tissus, des tons de couleurs ou des motifs que je souhaite acquérir. Elle nous conseille aussi sur les tissus qui plaisent, qui sont en vogue. Elle nous fait une présélection et nous envoie des photos, que nous validons, et lui confirmons en retour. Il arrive que je lui demande de trouver un tissu bien précis que j’ai pu voir dans un magazine, et pour lequel j’ai eu un coup de cœur.

Elle a alors la lourde tâche de nous le trouver. Sachant que les collections de tissus sont très rapidement renouvelées. Pour la fabrication, c’est un tailleur en Côte d’Ivoire qui s’en occupe. Il nous a été présenté par ma tante. Je lui adresse des dessins ou des photos, les dimensions et les spécificités de mes produits. Il confectionne un prototype que ma tante valide, avant de lancer la production finale.

En tant que très jeune entrepreneure, quels sont les challenges auxquels vous êtes confrontée ?

Je dirais que mes challenges ont été la partie administrative et la partie financière. Je n’avais pas de connaissances dans ces domaines. J’ai appris avec mes parents, et par mes lectures. Je n’avais pas beaucoup d’argent pour débuter. Mes parents ont contribué au financement des premiers modèles. De plus, il a fallu créer le site, l’organiser page par page, et rédiger les fiches des produits, les différentes rubriques… Faire les photos des produits était aussi un moment important.

Aviez-vous imaginé monter une entreprise aussi jeune ?

J’ai toujours voulu, depuis mon plus jeune âge créer un business, une entreprise, une marque. C’était un rêve de gosse, comme on dit. Il fallait cependant trouver la bonne idée, au bon moment. Aussi, lorsque j’ai eu l’idée de WAXMALIA, j’ai immédiatement su que c’était ce que j’attendais pour me lancer. Il n’y avait plus de doute, et mon âge ne pouvait pas être un frein à la réalisation mon projet.

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Vos clients n’ont-ils pas d’a priori quant à votre âge ?

Non, aucun a priori. Nos produits leur plaisent donc ils achètent. Mon âge ne les gênent pas du tout. Je pense même que certains clients, en plus de la beauté ou de la qualité du produit, viennent chez Waxmalia pour la créatrice dont ils veulent encourager le travail. Ils me le disent parfois. J’ai droit à des félicitations, de temps en temps.

Comment arrivez-vous à gérer l’école et votre entreprise ?

J’arrive généralement assez bien à gérer les deux même si parfois ce n’est pas simple. J’essaye d’organiser au mieux mes journées entre l’école, Waxmalia, les loisirs (comme la danse moderne jazz que je pratique depuis 11 ans) et ma vie de jeune fille. Après les cours et les devoirs. Je consacre en moyenne 1 heure par jour à gérer les commandes (les valider et les préparer pour expédition le lendemain) et échanger avec les clients.

Et comment vos camarades de classe ont réagi quand ils ont découvert que vous étiez entrepreneure ?

Au début, j’en ai parlé à très peu de personnes, seulement à mes camarades proches, mes amis. Avec le temps, un plus grand nombre de camarades d’écoles le savait. Beaucoup m’ont félicité et m’ont promis en acheter et en parler autour d’eux, afin de me soutenir. Je n’ai réellement eu que des réactions positives.

Très récemment, je l’ai officiellement annoncé à toute ma classe. Nous travaillions sur un projet de collecte de fonds pour aider une association. J’avais à ce moment proposé à mes camarades que nous commercialisions certains de mes produits, dans la rue et reversions les bénéfices à l’association. Malheureusement, la pandémie de la COVID-19 a empêché l’organisation de cet événement.

Quels sont vos futurs projets ?

Je pense continuer à développer Waxmalia. Faire connaître la marque un peu partout dans le monde. Augmenter la gamme de produits, développer de nouveaux produits. Aller à la rencontre de mes clients, en organisant des ventes éphémères ou pop-up store. Ces ventes seront le test avant d’ouvrir peut-être une boutique physique. Ma vision plus lointaine, c’est l’ouverture de boutiques à travers le monde, et bien évidemment en Afrique.

 

Un dernier mot ?

Pour finir, j’aurai un message pour les personnes qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat.

La première personne qui doit croire en votre projet c’est vous-même. Vous êtes maître de votre destin et de votre réussite. Rien n’est impossible. On peut entreprendre même à un jeune âge. Bien s’entourer, c’est important. Entourez-vous de personnes qui veulent votre bien et votre réussite et qui vous encouragent. Ne pas lâcher. Ça ne sera pas toujours facile, ne pas renoncer dès les premiers obstacles, mais plutôt les surmonter.

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