Antoinette Ake Patrick, agent immobilier international

Elle fait partie de ces jeunes femmes qui ont une force de caractère inouïe et se démarque par leur volonté de réussir dans un domaine où la passion est un moteur. Cette ancienne du lycée Sainte Marie de Cocody  a réussi à braver la barrière de la langue et de la culture pour s’intégrer aux États-Unis. Dans un pays où la crise a affecté le secteur de l’immobilier, cette mompreneur a réussi à se faire une place au soleil. Elle nous parle de son parcours et des ses projets dans cette interview.

 AyanaWebzine : Qui êtes-vous? 

Mon nom est Louise Antoinette Ake épouse Patrick. Ivoirienne née à Grand-Bassam le 22 Février 1983. J’ai un trésor de 6 mois qui illumine ma vie (je dirais plutôt mes nuits parce que je dois me lever tous les 3 ou 4 heures pour la nourrir, lol). J’ai eu mon bac au lycée Ste Marie de Cocody, je suis allée à l’Université de l’Atlantique où j’ai eu une licence.  Ensuite, j’ai poursuivie mes études à Houston où j’ai eu bachelor en économie.  Aujourd’hui, je travaille dans l’immobilier.  Mon business est d’aider ceux qui veulent vendre leur maison, assister ceux qui veulent acheter cash ou avec un prêt bancaire. J’assiste ceux qui veulent investir dans l’immobilier également. De plus, en tant que International realtor (agent immobilier international), je peux aider toute personne voulant exposer sa propriété au niveau international et avoir des acheteurs étrangers. Je peux l’aider dans cette tâche tout en étant aux USA.

 

AW : Comment votre parcours a-t-il débuté?

LAAP : Je travaille avec Keller Williams Signature et j’ai commencé le 21 Février 2013. Mais tout avant j’ai pris mes classes de Real Estate/ Immobilier en Janvier 2012. J’ai passé et réussi mon state et national test (concours) le 31 Janvier 2013. Le real estate  et tout ce qui a attrait aux maisons est une passion pour moi. Donc tout en allant à l’université j’avais un penchant pour les investissements immobiliers.

AW : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre expérience de businesswoman?

LAAP : En tant que businesswoman, tu es en charge de ton business. Si tu dors sur tes lauriers, et bien tu n’auras rien. Il y va de toi et toi seule. De plus, les gens sont très versatiles et il faut de la patience, même parfois une patience insolente et prendre sur soi les humeurs des autres mais tout en sachant se faire respecter.

AW : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans vos premières années aux Etats-Unis?

LAAP : Ne riez pas mais dès que je suis arrivée, ce qui m’a marqué est que le pays sentait bon. Je suis venue en 2006 et rappelez-vous que 2005, 2006 les ordures étaient à tous les carrefours partout à Abidjan. Je me souviens encore du gros tas d’immondice qui était à Attoban en face de l’église St. Bernard (si je ne me trompe pas pour le nom de l’église) sur la route en allant aux 2 plateaux. Donc quand je suis arrivée- laissant derrière moi les odeurs nauséabondes d’Abidjan- l’air frais des Etats-Unis m’a choqué, le pays sentait vraiment bon (LOL). Ensuite les routes sont grandes et bien tracées. Je ne cessais d’admirer les grosses voitures du Texas. Un autre truc, c’est à l’université, dans ma classe de macro économie, Il y avait une dame dans la soixantaine. Ça m’a choqué et plu en même temps : pour dire qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre et aller de l’avant.

AW : Manager, vous êtes mariée et mère d’un enfant en bas âge. Comment gérez-vous vos multiples casquettes au quotidien?

LAAP : Je pense que la grâce de Dieu y est pour beaucoup. De plus, mon mari travaille offshore. Il est oil and gas commercial diver. (Plongeur hydrocarbures). Il peut partir 2 semaines minimum sinon maximum 3 mois. Quand il est là, il garde notre petite fille. Je vais avec elle dans mes rendez-vous et quand j’arrive je dis à tout le monde : ‘’ le CEO (boss) est arrivé. C’est ma patronne et c’est elle  qui prend toutes les décisions’’ et tout le monde commence à rire. Elle est toute mignonne et ne pleure pas donc elle ne gêne pas pour l’instant. Et ce genre de situation arrive seulement si le rendez-vous n’est pas prévu et que je dois rencontrer un client dans les heures qui suivent son coup de téléphone. Quand c’est un rdv de prévu, ma sœur ou ses tantes – du côté de son père- la garde. Je veux la mettre dans une garderie mais mon programme est tellement flexible… Je ne veux pas m’engager à aller la déposer et la chercher quand je peux travailler parfois seulement 3 jours dans la semaine, ou juste les week-ends. Ce n’est pas facile, mais ça va. Je travaille beaucoup de la maison et je vais au bureau seulement pour les meetings.

AW : Qui est le parfait exemple de la superwoman selon vous?

LAAP : Il y a une américaine qui a un empire si je peux le dire. C’est elle ma superwoman. Elle est du Liban et a immigré ici avec son mari il y a des années de cela. Ils avaient une petite boutique où ils vendaient les produits de leur culture et la charcuterie. Ce genre de boutique ici on les appelle les Hallal. Son mari s’occupait de la boutique et elle vendait les chawarmas et autre mets méditerranéens. Malheureusement il est mort de façon précoce. Elle s’est retrouvée avec ses quatre enfants à élever et la boutique. Elle n’a pas désespéré, ni baissé les bras. Elle a repris la boutique en main et tout doucement, elle a acheté un local plus grand. Aujourd’hui elle a un grand supermarché qu’on appelle Phoenicia et 2 grands restaurants qu’on appelle Phoenicia Deli.

AW : Qu’est qui vous motive au quotidien?

LAAP : D’abord, j’aime ce que je fais. J’aime, j’aime, j’aime. Ensuite ma fille. Je veux établir une société dont elle pourra prendre la relève.

AW : Quel sont vos projets?

LAAP : J’ai commencé dans la société en février dernier, 1 an le ce mois-ci et je suis déjà top Producer et membre du ALC qui veut dire Agent Leadership Council. Nous sommes les décisions maker. Donc je veux continuer dans ce sens-là, acheter ma franchise Keller williams, m’installer ici et ensuite ouvrir une branche en Côte d’Ivoire et en France. Mes services aideront les Ivoiriens qui voudront acheter des maisons en Côte d’ivoire, en France et aux Etats-Unis. De même que les étrangers qui veulent acheter des maisons en Côte d’Ivoire ou dans le pays de leur choix. Enfin, mon rêve est d’envoyer des constructeurs immobiliers américains qui pourront investir et construire des maisons de qualité à bon prix en Côte d’ivoire.

AW : Un dernier conseil aux ayanas?

LAAP : Ne laissez personne semer le doute dans votre tête et dans ce que vous voulez faire. Tous ce que nous utilisons aujourd’hui à commencer par quelqu’un qui avait un rêve : le téléphone, la voiture, ordinateur, courant etc. Ne rêvez pas les yeux fermés mais plutôt les yeux ouverts. Quand tu rêves les yeux fermés, tu dors. Rêvez plutôt les yeux ouverts et réalisez vos ambitions !                    

 

Propos recueillis par BEY


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