” La convocation ” : quand Nollywood dénonce le harcèlement et la culture du viol

C’est le film dont tout le monde parle en ce moment. La Convocation, réalisé par Afolayan est un film nigérian, inspiré de faits réels et disponible sur Netflix. Il relate la bataille d’une brillante étudiante au Nigéria qui s’attaque à l’établissement universitaire après une tentative de viol par son professeur. En l’espace de deux heures, c’est tout un système basé sur la culture du viol et une dénonciation du harcèlement sexuel en milieu estudiantin qui est présenté.

Un film à voir absolument

Écrit par Tunde Babalola et réalisé par Kunle Afolayan, ce film met à l’affiche Temiloluwa Otedola dans le rôle principal de Moremi. La trame est commune à la plupart des témoignages d’agression sexuelle en milieu scolaire. Et dans cet environnement estudiantin, on ne peut que s’identifier aux personnages.

Moremi a dénoncé le professeur N’Dyare (Jimmy Jean-Louis) auprès des autorités de son université . Sa relation extrascolaire avec l’instructeur commence innocemment. Il lui confie ne pas savoir conduire avec un levier de vitesse manuel. Elle décide donc de le lui apprendre. De là, va naître une relation complexe. Des cours de conduite à une fête de Pâques chez N’Dyare en passant par une excursion au Sénégal, Moremi passe pas mal de temps avec son professeur. Koyejo (Gabriel Afolayan), son petit-ami et étudiant en médecine s’en inquiète.

Quand elle décide de dénoncer l’agression sexuelle par son professeur, ses paroles ne sont pas prises au sérieux et c’est surtout sa crédibilité qui est remise en question.

Convocation : une histoire bien trop familière

Les viols et agressions sexuelles sur les campus universitaires sont légions. Présenter ce film dans un environnement estudiantin est un choix pour illustrer et dénoncer une décadence sociale et morale sur ces campus. En raison des attitudes des résidents envers le genre et la sexualité, le viol est normalisé, banalisé.

 

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Quand Moremi dénonce son professeur, c’est tout un système basé sur la culture du viol qui est mis en exergue. En effet, la culture du viol est l’ensemble des comportements, attitudes, préjugés qui tend à minimiser ou encourager le viol. Les regards de travers des autres étudiants, le système “judiciaire” de l’établissement qui la juge… Il est facile pour une victime de ressentir de la honte alors que ce n’est pas elle qui est en faute. L’histoire de Moremi est empreinte de courage. Elle devra passer par des montagnes russes émotionnelles mais on ne peut que noter sa force intérieure et sa détermination à obtenir justice.

Les créateurs du film tenaient à informer les femmes sur leurs droits. Mais aussi à inciter le public à se lever et à agir pour mettre fin à ce problème. Ce film crée une opportunité pour parler des abus et violences dans une société où ce sujet est tabou.

Le cinéma africain contre les violences faites aux femmes

Le cinéma est un art engagé. Une forme d’expression que des scénaristes et réalisateurs africains utilisent pour dénoncer des faits de société. De plus en plus, la question des violences faites aux femmes fait l’objet d’excellents films.

Les institutions universitaires en Afrique de l’Ouest sont de plus en plus confrontées à des allégations de harcèlement sexuel de la part d’enseignants. Après avoir recueilli des dizaines de témoignages, BBC Africa Eye a envoyé des journalistes en civil se faisant passer pour des étudiants à l’Université de Lagos et à l’Université du Ghana. En Octobre 2019, le média publiait le résultat de ces investigations : un documentaire “Sex for grades” de la journaliste Kiki Mordi. Un excellent documentaire à voir dès que vous finissez de regarder “Convocation”.

En Côte d’Ivoire, des films comme ” Résolution ” ou encore ” Jusqu’au bout “mettent en avant ses vies détruites par la violence conjugale, l’inceste, le viol…

Alors que de plus en plus de victimes dénoncent ses actes criminels, il est certain que leurs histoires inspireront plus de cinéastes. Plus nous oserons dénoncer ces crimes, plus le public sera mieux éduqué sur ces questions. Et enfin, nous pourrons mettre fin à la culture du viol dans nos pays.

Un film à voir ou pas ?

Nous vous le conseillons. Il est très long à regarder. On aurait pu se passer de plusieurs scènes. La performance de Temi n’est pas la meilleure. Mais c’est un très bon film dans l’ensemble. Et à l’approche des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, il vous motivera à vous engager pour la cause.

Kunle Afolayan, réalisateur du film “La Convocation”

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