Interview: Dans la vraie vie, comment sont les acteurs de Maîtresse d’un Homme Marié?

Maîtresse d’un Homme Marié est LA série du moment. Tout le monde en parle. Cette série sénégalaise produite par Marodi TV a su séduire l’Afrique francophone et la diaspora. L’intrigue suit les tribulations amoureuses de cinq femmes à Dakar. Marème (la maîtresse), Lalla (l’épouse qui fait des pieds et des mains pour satisfaire son époux infidèle), Djalika (la femme battue par son mari), Racky (la femme indépendante) et Dior (la femme libre). Chacune d’entre elles représentent la femme africaine, et en particulier sénégalaise. C’est peut-être pour cette raison que la série a eu un tel succès. En wolof sous-titré français sur la chaîne Youtube de Marodi TV, chaque épisode atteint le million de vues. La série s’affiche sur nos ordinateurs et téléphones mais aussi à la télé. Après avoir diffusé la première saison à l’antenne en Mars dernier, la chaîne A+ Ivoire est prête à réitérer l’expérience avec la saison 2 dès le 8 Septembre 2020. Dans le cadre de la promotion de cette saison, les cinq acteurs principaux de la série étaient à Abidjan. Nous avons rencontré Ndeye Binta Leye (Lalla) Khalima Gadji (Marème), Ndiaye Ciré Ba (Djalika), Cheikh Babou Gaye (Cheikh), Kader Gadji (Birame) dans les locaux de la chaîne. 

 

La saison 1 de Maîtresse d’un homme marié a très bien marché. Comment avez-vous vécu les différents retours ?

Kader : Au début, c’était vraiment dur, parce qu’on recevait des critiques vraiment désolantes qui nous disaient d’arrêter. Mais on était là pour faire passer un message. Par la suite, les gens ont accepté que c’était de l’art. Et à partir de là, tout s’est bien passé.

Cheikh : Comme tout projet artistique, il y a eu des retours positifs et négatifs. Après, il faut savoir prendre les choses du bon côté. Que tu fasses du bien ou du mal, tu seras toujours critiqué. Moi, je pense que ce sont les critiques qui nous font aller de l’avant. On a eu une saison 1 qui a cartonné et qui a été suivi à l’international. Aujourd’hui, on est à la promotion de la saison 2, si ça n’avait pas été quelque chose de bien, on n’en serait pas arrivé là.

Ciré : Plusieurs critiques disaient que la série était un peu audacieuse. On a eu des retours qui nous disaient que « vous avez osé, il était temps ». C’est une première qu’on réponde ainsi, qu’on expose la réalité de la société parce que ce n’est que la vérité qu’on a sorti au grand jour. La société n’est pas habituée à voir ce qu’on vit avec une certaine crudité. Donc, c’est normal qu’on ne soit pas forcément accueilli à l’unanimité. On comprend pour certains et on s’est rectifié au fur et à mesure, de sorte à faire passer notre message parce que c’est ça, l’essentiel. 

 

Quel est le message que fait passer la série ?

Ciré Ba : Selon moi, le message que fait passer la série, c’est qu’il faut qu’on sache mettre les masques de côtés. Ce n’est pas s’exposer mais plutôt avoir une certaine franchise dans notre vécu. Pas seulement dans le discours mais réellement dans notre vécu. Il y a beaucoup de fléaux qui sévissent dans notre société. Mais c’est très souvent parce qu’on n’en parle pas, que les gens ne savent pas. D’autres, par crainte d’être jugé ou d’être stigmatisé, n’en parlent pas et donc peuvent être exposés à pire. Par conséquent, la série dit: “exposons-nous au grand jour. Ayons un langage de vérité. Parlons réellement de ce qui se fait dans les coulisses, de ce qui se fait dans les familles pour gérer ces problèmes et avoir une société plus saine.

©DR A+ Ivoire

Quel a été l’impact de la série sur votre carrière ?

Khalima : Chacun d’entre nous a eu beaucoup de portes ouvertes. Moi, j’avais le rôle de la maîtresse et j’ai été énormément critiquée par les premières femmes. Mais je pense que ça a permis à toutes les maîtresses de pouvoir s’exprimer. Je me suis retrouvée avec beaucoup de témoignages de maîtresses qui me racontaient un peu leurs vécus, comment elles sont devenus maîtresses d’un homme marié et je pense que c’était l’occasion pour elles de pouvoir s’affirmer.

À lire aussi: [Interview] Khalima Gadji, actrice: “les gens n’ont pas su faire la différence entre Marème Dial et Khalima”

Est-ce que votre personnage est différent de vous dans la vraie vie ?

Kader : Oui, je suis très différent de Birame. Et Dieu merci, sinon je n’allais pas me déclarer acteur. C’est un personnage et je ne connaissais pas Birame avant. Je dis très souvent qu’un personnage ressemble à la personne qui l’interprète, même si c’est à 20 %. Parce que lorsque tu interprètes le personnage, tu prêtes ton corps à ce personnage. Ce qui veut dire que le personnage va s’énerver comme toi, par exemple. Après, oui, ce sont juste les faits et gestes qui changent. En temps normal, je ne tape pas une femme, Birame le fait. Je ne manque pas de respect à mon épouse, au contraire. Peut-être qu’on a des points en commun. Il a du répondant et moi aussi, je ne mâche pas mes mots. Je suis très authentique et transparent comme lui qui ne cache pas qu’il est un ivrogne ou qu’il aime les femmes. 

©DR A+Ivoire

Cheikh : Bien sûr. Je suis différent du personnage. Dans la vraie vie, c’est vrai que je m’appelle aussi Cheikh. Mais je l’ai trouvé comme ça et je n’ai pas voulu changer. Vous pouvez regarder une autre série dans laquelle je joue et vous verrez que le personnage que j’y interprète est différent de la personne de Cheikh de Maîtresse d’Un Homme Marié. Dans la série C’est La Vie que vous avez pu voir sur Canal +, j’ai un rôle que je sais qu’en tant que femme, vous n’allez pas apprécier. C’est quelqu’un qui bat sa femme, la séquestre, casse son bras, fait des choses pas du tout catholiques. Donc ,je pense que quand on fait la différence en Maîtresse d’un Homme Marié et C’est La Vie, on sait parfaitement que Cheikh incarne un personnage, et que dans la vraie vie, c’est une autre personne.

©DR A+ Ivoire

 

Dans la vraie vie, comment est Cheikh?

Cheikh: Je suis un père de famille responsable.  Je suis très féministe. Quand j’ai joué dans C’est La Vie, quand on m’a donné le rôle, j’ai demandé à la scénariste : « est-ce que tu me vois en train de battre une femme? ». Dans ma vie, aujourd’hui, j’ai une quarantaine d’années mais je n’ai jamais battu une femme. Je n’ai jamais levé la main sur une femme et j’ai horreur des gens qui le font.

“Une femme si vous ne pouvez pas la caresser, la chouchouter, et bien, laissez-la partir. ” Cheikh Babou Gaye

 

Quel a été le plus grand challenge pour interpréter le rôle de Djalika?

Ciré Ba: Je pense que c’était dans la première partie de la saison 1. Avant que Djalika ne s’assume et qu’elle aille outre ce que disait sa mère, la société.  Elle s’est dite qu’elle existe et que c’était son bien ainsi que celui de ses enfants qui passait en premier.  Je pense que ça, c’était compliqué. Parce que dans la vraie vie, je suis très maniable. Je m’accommode à tout genre de situations mais j’ai quand même un caractère assez fort aussi. Donc, c’est vrai que je dis tout le temps que je suis tout sauf une Djalika. Mais si je me référais juste au comportement de Birame ou de mère Diagne, j’aurais juste envie de les étrangler. Je ne veux pas faire la sage et gentille qui accepte tout. C’est très compliqué. D’ailleurs, une chose qui m’a marquée jusque-là, c’est la séquence du viol de Birame sur Djalika et qui n’est même pas passé pour un viol pour beaucoup de personnes surtout des femmes. Comme quoi, un viol entre mari et femme ne serait pas possible. C’est quelque chose qui m’a choquée. Ça m’a attristée et je suis marquée que ça n’ait pas été compris par les femmes. 

 

À quoi devons-nous nous attendre pour la saison 2?

Ciré Ba : Il y a plein de rebondissements, à tous les niveaux. Lalla avec son début de grossesse. Marème qui apprend qu’elle ne peut plus avoir d’enfant. Cheikh qui est perdu. Djalika qui apprend qu’elle a un cancer. Birame qui va peut être changer parce qu’il pleure, supplie et demande le pardon.

Cheikh : Eh bien, en tout cas, il y aura beaucoup de rebondissements au niveau de tous les acteurs. Il y aura même de nouvelles têtes, de nouveaux personnages, que vous allez adorer, qui ont apporté de nouvelles touches à la série. Attendez-vous à beaucoup de surprises, ça va être comme on dit : “du piment dans la sauce”. 

À lire aussi: [Interview] Rencontre avec Fatim Cissé, réalisatrice de la série sénégalaise Jigeen

Et comment s’est passé le tournage de la saison 2 ?

Cheikh : Tranquillement mais difficile. Avec la situation de la Covid, c’était compliqué. On a dû arrêté à un moment donné, reprendre, modifié des choses qui n’étaient pas du tout faciles. Mais on y est arrivé quand même parce que vous, les fans en demandez beaucoup.

 

Est-ce qu’il y aura une saison 3 ?

Cheikh, Kader : Inch’Allah !

Photo des acteurs de Maîtresse d'un Homme Marié: Ndeye Binta Leye (Lalla) Khalima Gadji (Marème), Ndiaye Ciré Ba (Djalika), Cheikh Babou Gaye (Cheikh), Kader Gadji (Birame)
©DR Ayana Webzine/78 Studio

 

Rendez-vous dès ce Mardi 8 Septembre à 17 H 30 GMT sur A+ Ivoire canal 205 des bouquets CANAL+ et le canal 5 de la TNT.


x

A lire aussi

Charlette N'Guessan, femme et tech-entrepreneure prometteuse en Afrique
Ce n'est un secret pour personne ; le milieu scientifique et technologique est encore très masculin. Peu de femmes s'y font leurs places ou y réu...
Eleemane HK, artiste et attaché de presse des danseuses de Beyoncé et Rihanna
Artiste sénégalais, Eleemane HK collabore avec les danseuses de Beyoncé et Rihanna : Diddi Emah et N'qobilé. À 26 ans, il est directeur artistiqu...