[Portrait] Lova Blassiri “J’ai décidé de faire du peigne mon outil de travail.”

La Ayana du jour est une jeune entrepreneur, qui n’a pas hésité à mettre la main à la pâte pour se construire et se faire un nom. Référence dans le domaine de la coiffure dread locks, Lova Blassiri n’a pourtant aucun savoir-faire quand elle débute. Voici son histoire.

“J’ai décidé de faire du peigne mon outil de travail.”

Eleonord Blassiri est Titulaire d’un BTS en communication d’entreprise. Elle commence en 2010 à entreprendre, avec sa marque de vêtements appelée “WAÏNOT” l’une des premières marques de T-Shirt ivoiriennes. La marque connaît un franc succès auprès des jeunes branchés de la capitale abidjanaise, mais trois (3) ans plus tard, par manque d’expérience, Lova n’arrive pas à tenir le cap et se voit obligée de laisser mourir WAÏNOT.

En 2014, elle est en vacances au Maroc quand ses cheveux, à l’époque défrisés, prennent un coup. Elle décide alors de passer aux cheveux courts et de les laisser crépus. De retour à AbidjanLova a du mal à trouver un salon de coiffure pour s’occuper de ses cheveux crépus. Les coiffeurs et coiffeuses se plaignent de la nature de ses cheveux et certains même refusent de la coiffer.

Elle commence alors par se coiffer elle-même et y prend goût. Son entourage apprécie également le résultat, certaines personnes commencent même à l’approcher pour qu’elle les coiffe comme elle. De son petit appartement, elle réussit à se faire une clientèle qui a confiance en elle. Sauf qu’elle est menacée d’expulsion et doit se trouver un local adapté. C’est ainsi qu’elle ouvre son premier salon « NappyLocks »

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Ayanawebzine à la rencontre de Lova Blassiri

Pour mettre son projet en place et n’ayant pas reçu de formation en coiffure, Lova décide de se former sur internet aux techniques de confection de locks et de traitement du cheveu naturel. Malgré sa volonté, elle reconnaît avoir fait de nombreuses erreurs. Mais à force de s’exercer et de pratiquer, elle finit par avoir des mains d’experte.

”Quand je coiffais encore à la maison, je devais recevoir une cliente à qui j’ai indiqué la maison après plusieurs explications, elle réussit à retrouver. Une fois arrivée, elle me dit vous m’avez fatiguée!  Appelle ta patronne. Je lui dis : maman c’est moi Lova. Elle me répond donc c’est toi ! C’est ton tout qui est là?! “


Lova prône le retour aux cheveux naturels en bonne santé, elle propose en plus des prestations de coiffure, des conseils capillaires et a même conçu une gamme de produits pour cheveux faits maison à base de miel.

Aujourd’hui, Lova est une référence tant en Côte d’Ivoire qu’à l’extérieur. Elle possède des salons et instituts de soins cappilaires à Yopougon, Angré et Koumassi, mais aussi dans la sous-région (Lomé et Dakar )

« Je me suis spécialisée dans les dread locks et les cheveux crépus parce qu’il n’y avait pas beaucoup de salon qui faisaient ça, je n’en trouvais pas. Je faisais ça déjà pour moi, mais aussi pour d’autres femmes aux cheveux crépus comme moi »

 

Ayanawebzine à la rencontre de Lova Blassiri

Lova, c’est surtout une chef d’entreprise qui emploie 35 personnes au quotidien, avec des people comme Josey, Konnie Touré, et la championne Marie-Josée Ta Lou qui sont passées par son salon !

Son succès ? Elle dit le devoir à la Grâce de Dieu, l’abnégation de son équipe et au soutien infaillible de sa famille.

Très bientôt, Lova prévoit d’ouvrir son salon à Paris. Affaire à suivre…

“Quelque soit l’activité que vous menez, placez toujours Dieu en avant et ne cessez jamais d’apprendre car c’est la soif de connaissance et de savoir qui fera de vous des leaders.”

Photo : Jean-Marc André

Par Liliane N’goran


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