[Interview] Coulibaly Aramatou, la femme qui a modernisé l’attiéké

Coulibaly Aramatou, la femme derrière Rama Cereal

Mariée et mère de trois enfants, Coulibaly Aramatou a réussi à faire de vieux processus de cuisine un business rentable. L’histoire de cette femme est aussi l’histoire de Rama Céréal, une entreprise de transformation de céréales. Elle a bien voulu répondre à nos questions pour raconter son histoire.

Quel a été votre parcours avant de monter ton entreprise ?

Je suis diplômée d’une licence en Anglais et d’un BTS en commerce International. J’ai exercé en tant que contractuel dans plusieurs entreprises dont Orange CI ou j’ai travaillé de 2001 à 2004 avant de me retrouver à la maison à la fin de mes différents  CDD qui cumulés ne devraient pas dépasser 2 années.

Parlez-nous de votre entreprise

Rama Cereal a été crée en 2005. C’est une entreprise spécialisée dans la transformation de céréales telles que le mil, le maïs, le riz et les tubercules de manioc en attiéké déshydraté. Nous employons aujourd’hui une trentaine de personnes et nos produits sont distribués dans plus de 400 supermarchés et supérettes et une partie dans la sous-région (Sénégal ,Burkina Faso, Niger et Ghana). Nous avons aussi des représentants en France, au Canada et aux Etats Unis. Notre chiffre d’affaires est passé de 2 millions en 2005 à plus de 100 millions cette année.

Comment avez-vous développé votre idée ?

C’est une activité que j’ai héritée de ma mère qui le faisait de façon artisanale et traditionnelle. J’ai essayé d’envoyer des méthodes un peu plus modernes, à savoir des séchoirs pour sécher les granulés et un conditionnement plus propre et plus attractif  pour une meilleure conservation au lieu de sécher sur des claies au soleil et attacher dans des sachets plastiques pas trop commodes. Apres tous ces changements, je me suis rapprochée des supermarchés qui ont accepté le produit et c’est de là que tout est parti.

Quelles sont vos principales difficultés ? Comment arrivez-vous à y faire face ?

Apres 13 ans d’activités, aujourd’hui nous faisons face à une faible capacité de production. Nous n’arrivons pas à répondre correctement à la demande qui surplombe l’offre. Le produit est de plus en plus connu et cela sans communication. Nous avons mis sur le marché un produit facile à cuisiner vu qu’aujourd’hui, nous avons affaire à des jeunes ménages ou l’homme et la femme travaillent et n’ont pas le temps des taches fastidieuses comme la confection de granulés pour la bouillie ou le dêguê. Notre produit est presque prêt a être consommé puisque sa préparation n’excède pas les 15 minutes. Une autre de nos difficultés est aussi le manque de financement, nous n’avons pas de fonds de roulement, ni d’équipements performants et de bons véhicules de livraisons pour le fonctionnement de l’entreprise. Nous ne travaillons qu’avec nos fonds propres. Enfin, le local que nous utilisons est bien trop restreint pour notre activité.

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Racontez-nous une anecdote en tant qu’entrepreneure ? Votre meilleure souvenir 

Pour avoir le marché des grandes surfaces (Prosuma), ça n’a pas été facile. Lorsque nous l’avons obtenu, la responsable nous a donné juste 3 mois pour faire nos preuves et si, pendant ces 3 mois on n’arrivait pas à vendre, les produits seraient éjectés des rayons. Ce que je faisais donc, c’était d’aller tous les matins compter le nombre de produits dans chaque magasin afin de voir si certains produits avaient été vendus. En plus, les produits étaient sur les étagères du bas, pas du tout visibles. Lorsque je comptais et qu’il avait 2 ou 3 de moins je criais YOUPIII.

Qu’est-ce qui vous inspire ? 

Je tire mon inspiration du savoir-faire de mes mamans qui mettaient beaucoup d’amour à la confection de la bouillie familiale et les voisins qui adoraient cette bouillie mais malheureusement avaient du mal à la préparer parce que pas facile.

Un conseil aux Ayana ?

Mon conseil aux Ayana, c’est d’abord de croire en leurs idées, d’insister et persévérer et de ne surtout pas céder au découragement parce que toutes les bonnes œuvres commencent avec des difficultés.

 

Photo: Hug-Lionel

Lieu du shoot: Centre Regus


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