[ Sexo] L’avortement ou IVG: on en parle ?

Comme j’aime bien le dire, entre Ayana, il n’y a pas de sujets tabous. Pendant qu’en Europe, le sujet est vulgarisé, en Afrique, l’avortement demeure un sujet sensible. Pourtant, il est capital d’en parler ouvertement afin d’être bien informée

Selon une enquête organisée par l’OMS et le Guttmacher Institute et publiée le 19 janvier 2012 dans une revue britannique, 50% des mortalités dues aux avortements clandestins concernent la population féminine africaine ! C’est énorme ! Et contrairement à ce qu’on imagine, l’avortement est pratiqué aussi bien chez les jeunes filles que chez les femmes adultes. Les raisons varient selon les personnes et les circonstances. En aucun cas, je ne me permettrai pas de juger qui que ce soit.

Pour celles qui ont déjà franchi le cap, la culpabilité ne vous fera pas revenir en arrière. Allez de l’avant et prenez plus de précautions pour l’éviter. C’est une situation dans laquelle toute femme capable de procréer pourrait se retrouver. Alors, si vous n’avez pas envie d’avoir d’enfant, différentes possibilités s’offre à vous :

  • L’abstinence : c’est le moyen de prévention sûr à 100%
  • L’utilisation des préservatifs (féminin ou masculin)
  • La prise de pilule quotidienne : pour ne pas oublier, vous pouvez mettre une alarme  de rappel sur votre téléphone portable et avoir vos pilules dans votre porte-feuille. Au pire, si l’achat de votre pilule nécessite une ordonnance, ayez toujours votre ordonnance sur vous au cas où vous avez oublié votre pilule à la maison, vous pourrez en racheter dans la pharmacie la plus proche.
  • Le DIU (dispositif intra utérin) plus connu sous le nom de stérilet : Il est prescrit, posé et retiré par un médecin. Il peut être gardé 3 à 8 ans selon le modèle
  • Les spermicides : avant l’acte sexuel, ils sont placés à l’intérieur du vagin et ont pour but de détruire les spermatozoïdes
  • L’implant contraceptif : Il dure pendant 3 ans et est posé  sous la peau du bras. Rassurez vous, il reste invisible mais doit être posé et retiré par un médecin
  • Le patch contraceptif : Bien qu’il soit prescrit par un médecin, le patch est placé par soi même et doit être retiré par soi même chaque semaine.
  • L’anneau vaginal : Il est placé par soi même à l’intérieur du vagin et y reste pendant 3 bonnes semaines

On peut également citer la cape cervicale, le diaphragme et les contraceptions d’urgence comme la pilule du lendemain. Cependant, à part le préservatif et l’abstinence, toutes ces méthodes citées ne protègent pas contre les maladies sexuellement transmissibles. Et avant de choisir la contraception qui est adaptée à vous particulièrement, il est conseillé de voir un médecin

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Pour celles qui sont à présent enceintes et qui veulent franchir le pas de l’avortement, voici ce qu’il faudrait savoir :

  • Toutes les religions interdisent l’Interruption Volontaire de la Grossesse (IVG). Dans la Bible, il est écrit : « Tu ne tueras point »  (exode 20 :13) et dans le Coran il est dit : « N’attentez pas à la vie de votre prochain, que Dieu a déclaré sacrée, sauf pour juste raison ! » (Cf Coran 6 :151, op-cit)
  •  La législation : quelque soit le pays dans lequel vous vous trouvez, il est important de savoir ce que dit la loi sur l’acte que vous voulez poser. En Côte d’Ivoire et dans la plupart des pays africains, l’IVG est interdite. En France, il est possible d’avorter dans un délai légal de 12 semaines de grossesse.
  •  Il existe deux types d’avortement : l’avortement médicamenteux et l’avortement chirurgicale ou par aspiration. Comme le nom l’indique, l’avortement médicamenteux est fait par l’absorption de médicaments prescrit par un médecin. Une hospitalisation pour un meilleur suivi peut être nécessaire jusqu’à la 7ème semaine de grossesse. Quant à l’avortement par aspiration, il est fait très rapidement s’il n’y a pas de complication, il ne nécessite pas d’anesthésie et provoque très peu de douleurs.
  •  Seul un médecin est habilité à pratiquer l’avortement donc mesdames, bannissez les potions magiques que votre amie vous a donné pour interrompre votre grossesse. Sachez également qu’au-delà de 12 semaines, il est ENCORE PLUS DANGEREUX de se faire avorter donc faîtes attention.
  •  Après une IVG, vous pouvez retomber enceinte si vous n’utilisez pas de contraceptifs. Généralement, le médecin vous conseillera la prise de pilule ou un implant contraceptif ou un stérilet !
  • L’IVG peut avoir des effets secondaires dont: une mauvaise cicatrisation de l’utérus pouvant entrainer la STERILITE, des spasmes,  une hémorragie, des troubles psychologiques, grossesse future extra utérine, cancer du sein,  etc. Par ailleurs, certains médecins affirment qu’aujourd’hui, les risques d’un avortement par aspiration sont presqu’inexistant avec l’évolution de la médecine.
  •  Avec l’IVG médicamenteuse, la grossesse peut être arrêtée mais non évacuée. Il est donc conseillé de faire des examens après l’IVG pour être rassuré.
  • En France, bien que l’avortement soit légal avant la 12ème semaine de grossesse, il y a différentes étapes à suivre avant d’interrompre sa grossesse : une première consultation médicale, un entretien avec une assistante sociale ou une conseillère, un délai obligatoire de 7 jours de réflexion, une deuxième consultation médicale pour la confirmation de votre IVG et enfin une consultation de contrôle 3 semaines après l’IVG.
  • Il est possible de faire adopter l’enfant dès sa naissance. Il y a de nombreuses femmes qui souffrent et qui donneraient tout pour avoir un enfant. Alors, vous pourrez leur procurer cette joie…
  •  VOUS POUVEZ GARDER VOTRE GROSSESSE ET VOTRE ENFANT. Quelque soit votre âge, et sauf avis médical contraire, vous pouvez garder votre grossesse. Si vous êtes jeunes, vos parents vous battront surement mais ils ne vous tueront pas. Ce n’est pas évident mais ayez cette force de caractère pour assumer vos « erreurs ». Donnez la vie est une grâce.

Dégradation des mœurs pour certains, légitimité de jouir pleinement de son corps pour d’autres, l’avortement demeure une pratique à ne pas banaliser. Avorter n’est pas la pire des choses qui puissent arriver à une femme. Mais pour beaucoup, c’est une étape bouleversante dans leur vie lorsqu’elles succombent à cette tentation. Elles se culpabilisent au point de perdre leur repère. Elles ont du mal à se relever surtout avec notre culture africaine qui fait de l’avortement un sujet tabou, un sujet dramatique. Ce qui est fait est fait. Cependant, aujourd’hui, avec l’évolution de la médecine, chaque Ayana peut éviter de se retrouver dans cette situation. Alors, que chacune prenne ses responsabilités.

Bonne semaine à toutes ces femmes qui ont accepté d’être maman malgré leur âge de l’époque en particulier Dominique et Carlton.

Que Dieu vous bénisse

 

         Miss Lehi

Photo à la une : tommaso79/iStock


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