[Portrait] Sarah Diouf, créatrice de la marque de prêt-à-porter Tongoro

C’est pour donner un sens à sa vie que Sarah Diouf s’est lancée dans la mode. Elle tenait à créer quelque chose de beaucoup plus grand qu’elle. Et elle y est arrivée. Aujourd’hui, sa marque de prêt-à-porter Tongoro fait partie des 50 compagnies les plus innovantes du monde en 2020 selon Fast Company. Beyoncé, Burna Boy, Iman, Naomi Campbell, Alicia Keys…elle a su séduire le cœur des stars internationales et des fashionistas. Découvrez le parcours de cette jeune designer qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Son histoire

Bien que née en France, Sarah a des origines Centrafricaine, Congolaise et Sénégalaise. Deux semaines après sa naissance, ses parents et elle s’installent en Côte d’Ivoire, où elle grandit jusqu’à l’âge de 12 ans. Suite au coup d’Etat de 2000 dans le pays, elle s’envole pour la France pour continuer ses études, où le choc des cultures la pousse à exceller.

Des années plus tard, après s’être inscrite en première année de commerce, elle est victime d’un accident. Cet incident modifiera sa vision de la vie et la dirigera vers sa vraie passion: la mode. C’est ainsi qu’elle fonde successivement Ghubar puis Noir et enfin Tongoro.

Ces premiers pas dans la mode

En 2009, elle se lance dans la mode avec Ghubar (poussière en arabe). Un magazine qui raconte des histoires de création de mode, d’art et culture. Il fait la promotion de la diversité et la créativité du monde arabe et africain. Ayant déjà travaillé dans certaines agences de publicité, elle avait une idée claire de ce qu’elle voulait pour son magazine, qui s’adressait à toutes les cultures, il devait représenter toutes les diversités.

“Ghubar, c’était un outil pour m’exprimer, pour faire ce que je voulais vraiment.”

“Pour créer la diversité, qui était inexistante à l’époque.”

Ghubar s’arrête en 2015, pour laisser place à NOIR, un autre magazine centré sur le lifestyle africain, la mode et la beauté. Après s’être fait un nom dans le milieu,  elle se décide finalement à créer sa propre marque TONGORO.

Sac baguette – Tongoro

TONGORO

Créé en 2016, Tongoro signifie étoile en sango*. C’est une marque de vêtements 100 % Made in Africa disponible seulement via Internet. Véritable innovation, Tongoro, c’est une marque aujourd’hui vendue dans le monde entier, qui vise à créer un pont entre la mode africaine et le reste du monde.

Le succès est au rendez-vous, au point où une grande maison de couture lui vole une de ses créations. Ce qui engendra une vague de soutien de la communauté africaine de la mode en lui rapportant tous les crédits dûs à sa création. Elle reprend du poil de la bête et atteint un niveau supérieur avec des créations de plus en plus inspirées, qui lui vaudront une collaboration avec Beyoncé.

 

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Un tournant dans sa carrière qui la positionne définitivement comme une personnalité incontournable de la mode africaine et internationale. Soucieuse de satisfaire les amoureux de la mode chez la gente masculine, elle lance aussi sa collection homme avec Môgô signifiant le gars, l’homme en nouchi* un clin d’œil à son histoire en Côte d’Ivoire, qui confirme sa vision de promouvoir les valeurs africaines à l’international.

Burna Boy portant un modèle de la collection Môgô

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Beyoncé en Tongoro

Sa vision

Pour Sarah Diouf, il est essentiel de créer de la valeur dans ce que l’on fait. Elle tient à briser ce cliché qui précise que ce qui vient d’Afrique ne doit pas être cher. Pour elle, pouvoir compter sur sa communauté est aussi primordial.

“Le but c’est pas d’être la seule, c’est d’ouvrir la voie et d’être partout.”

“Il faut être solidaire.”

En tant que créatrice de mode, elle travaille avec des tailleurs talentueux et aimerait que leur travail soit évalué à leur juste valeur. Soutenir et valoriser ce métier fait partie de ses combats ainsi que le soutien aux petits commerces.

“Le vrai luxe, c’est le sur-mesure.”

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Son message

Sarah Diouf veut créer un empire. Elle est consciente de l’importance des données Internet et compte les utiliser à bon escient. Aussi, à ceux qui hésitent encore à se lancer dans l’entrepreneuriat, elle affirme qu’il ne faut pas abandonner ses projets. Toutefois, il faut faire quelque chose qui donne un sens à notre vie, savoir rebondir sur les échecs et prendre un second souffle ne doit pas faire peur.

“Les newsletters sont essentielles, il faut recenser ses clients sur les réseaux par mails, car les réseaux peuvent fermer avec vos abonnés.”

“Le succès, c’est la paix.”

“Si ça n’a pas marché, c’est qu’il y a problème et donc il y a une solution.”

Sango: langue centrafricaine

nouchi : argot ivoirien

Citations tirées de son live avec Scheena Donia sur Instagram le 3 Avril 2020

 

Signé Audrey Kouachy


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