[ Interview] Irène Bwiti, créatrice de la marque de fitness B’lingo

La Ayana du jour a tout lâché pour choisir de lancer une marque de vêtements fitness dédiée à la femme africaine active et sportive. Irène Bwiti,  est une jeune entrepeneure, qui au delà de sa marque,  ambitionne de faire d’un sport typiquement africain, une discipline connue dans le monde entier.  0V0A3008Elle nous en dit un peu plus dans cette interview…

Présentez-vous aux lectrices ?

Je suis Irène Bwiti, entrepreneure  et créatrice de mode originaire de la République Démocratique du Congo.  J’ai toujours été séduite par la mode et la création. Mon univers est fait des couleurs et des lumières africaines, par la quête de la beauté, une référence universelle. L’association des formes et des couleurs, l’évocation de l’histoire et le rappel des traditions expliquent en partie ma passion pour la création.

Quel est votre parcours ?

Née à Kinshasa, j’ai grandi dans une commune populaire de cette mégapole vibrante d’arts et de culture. Dès mon enfance, j’ai tiré le meilleur parti de mes origines congolaises et portugaises. Très tôt, j’ai baigné dans les cris, les sons, les bruits de la cité. Là où on découvre chaque jour qu’il faut lutter pour s’imposer. J’en garde l’esprit de la gagne dans tout ce que j’entreprends. Ayant étudié successivement au Congo, en France et en Allemagne, j’ai eu la chance de grandir au contact de plusieurs cultures et d’apprendre plusieurs langues. Actuellement je vis entre Lisbonne et Kinshasa.

Il est très rare, je crois d’ailleurs vous êtes la seule africaine à vous lancer dans la mode sportive… racontez-nous l’histoire de la marque…

Le sport détruit les barrières. Le goût de l’effort est une valeur universelle. Dans une salle de sport, il faut savoir se dépasser. Aujourd’hui, prendre soin de son corps est devenu un art de vivre. En Afrique, des millions de femmes sont devenues passionnées de sport. Elles développement ce goût de l’effort qui leur donne confiance en elles. Aujourd’hui la femme africaine prend soin d’elle. Elle sait également prendre le temps de travailler sur elle-même. La femme africaine prend de mieux en mieux conscience de sa place dans une société moderne. Elle s’approprie un rôle qu’elle assume pleinement.

13892041_1217476604941182_7374733482425395137_nElle n’est plus seulement la mère au foyer, un objet ou un trophée, elle s’affirme et diffuse une énergie exceptionnelle. Au-delà de l’image séculaire de la femme avec l’enfant sur le dos, la femme africaine est entrée dans la modernité. J’ai voulu capter cette énergie dans le vêtement de sport qui fait appel aux couleurs, aux formes, aux lignes épurées pour magnifier et offrir au monde entier une autre facette de cette Afrique qui gagne. B’Lingo, le nom de notre marque vient du mot « BOLINGO » qui signifie « Amour » en lingala, la langue la plus populaire de mon pays. B’Lingo est le fruit d’une réflexion et d’une ambition de plusieurs années. En effet, comme un passe-temps, très jeune, je scrutais mon  environnement et dessinais des croquis sur la vie quotidienne et, plus tard, mes premières ébauches vestimentaires. Au début des années 2000, je me lance dans les affaires avec une prédilection pour la confection des tenues africaines modernes pour habiller les grandes dames de la société congolaise en collaboration avec des talentueux couturiers. C’est ainsi qu’a germé progressivement dans ma tête le projet de création d’une marque fièrement d’origine africaine mais axée sur un volet vestimentaire particulier, qui est celui des vêtements de fitness, de maillots de bain et autres accessoires.

Quels sont vos objectifs ?

Mon objectif est de participer activement à cet extraordinaire défi de faire rayonner dans la création en général et tout particulièrement la mode, toute la beauté, la magie, le charme et le génie de l’Afrique qui voit naître tant de talents. De manière plus pragmatique, je compte développer la présence de la marque B’Lingo à travers le monde, avec d’abord le lancement en ligne de notre première collection et la possibilité d’acheter les tenues B’Lingo sur notre site web dès la fin du mois de juillet 2016.  En parallèle, notre équipe travaille au développement d’un réseau de distribution efficace dans quelques pays-cibles sur tous les continents.

13876394_1216862985002544_70901233044391054_nEnfin, je compte lancer la Fondation B’Lingo au cours des prochains mois afin de coordonner toutes les actions socioculturelles et éducatives qui me tiennent à cœur et qui constituent l’autre volet au cœur du « projet B’Lingo ». En effet, la  future Fondation B’Lingo bénéficiera d’une dotation annuelle de la part de notre entreprise car un pourcentage de toutes les ventes réalisées par la marque B’Lingo sera réservé au financement de la fondation.

Ainsi, en partenariat avec d’autres organisations spécialisées, nous comptons initier des actions au bénéfice des jeunes filles vivant dans les quartiers populaires des grandes villes africaines, en commençant par Kinshasa, ma ville de naissance. Je voudrais notamment faire la promotion d’un sport typiquement africain, le « Nzango » qui est très populaire chez les jeunes filles dans plusieurs villes d’Afrique dont Kinshasa. Le but sera d’encadrer les filles en encourageant des loisirs sains,  faire connaitre au monde le « Nzango » et pourquoi pas, réussir un jour à en faire un sport olympique ! Actuellement, le Nzango est déjà reconnu comme un sport par plusieurs pays africains. Dans le domaine de l’éducation, la Fondation B’Lingo va ouvrir des bibliothèques multimédia gratuites pour les jeunes ainsi qu’offrir des bourses d’études pour les jeunes filles prometteuses…

Un conseil aux Ayana ?

Il ne faut pas douter, il faut continuer à croire en ses capacités. Dans tous les domaines, il ne faut pas céder aux découragements. Les obstacles sont faits pour être surmontés. Et, croyez-moi, rien ne vaut un travail d’équipe au sein de laquelle tout le monde doit se sentir épanoui. Le secret de la réussite consiste à tirer le meilleur parti des talents, d’avoir de l’ambition et de tracer ensemble un chemin d’avenir avec la force d’y croire toujours !

 

Propos recueillis par Amie O. Kouamé

Plus d’infos sur B’LINGO à voir sur la page BlingoStyle 

 


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