[Ayana à suivre] Noella Elloh, entre photographie et poésie

Il y a deux ans, Noella Elloh décide de revenir dans son pays natal après 7 ans passés hors de la Côte d’Ivoire. Diplômée en Information – communication de l’Université Montpellier III, son cursus journalistique et son intérêt pour l’écriture vont la pousser dans les bras d’une nouvelle passion: la photographie. Elle découvre alors une nouvelle forme d’écriture. Cette fois-ci, les mots se transforment en images. Les histoires sont racontées à l’infini à partir d’une “minute volée au temps qui restera figée en image éternellement”. Noella veut raconter des histoires. Pour ces deux premiers vernissages, elle a décidé de raconter celle du quartier d’Abidjan Blockhaus. La série photographique Weaving Generations tisse une poésie visuelle autour de la lagune Ébrié, au cœur du village de Blockhaus. Au-delà de ces générations qui continuent de se tisser fièrement à travers l’artisanat, la culture, cette série égrène le chapelet de questionnements qui reflètent les mutations contemporaines au sein de nos sociétés africaines, notamment la question environnementale.

Noella vous donne rendez-vous le 07 Novembre à NIOG Showroom et le 09 Novembre au Bushman Café.

Pour Noella Elloh, deux vernissages permettront de designer deux expériences artistiques. Pour les collectionneurs , amateurs , curateurs , climato-sceptiques, personnes qui s’intéressent aux questions environnementales : Weaving Generations est une expérience à vivre .

 

 

Comment est né cet intérêt pour la photographie?

Mon intérêt pour la photographie est né à travers l’écriture. J’ai commencé à écrire en 2010 et j’avais un premier blog. Un blog sur lequel j’abordais des thématiques artistiques, historiques, socio-culturelles, parfois j’écrivais des fictions sous forme de chroniques.

Pour moi, l’écriture tout comme le storytelling passe par le cœur pour émouvoir nos esprits en partageant, en racontant.

Je considère donc que la photographie s’inscrit dans les arts narratifs. En effet, le photographe écrit une histoire à travers cette minute volée au temps qui restera figée en image éternellement. La magie de photographie s’intensifie à la lecture de cette image qui n’appartient plus uniquement au photographe car l’histoire peut être réécrite et réinterprétée de mille et une façons.

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Comment définiriez-vous votre art?

Il m’est toujours difficile de définir mon art, j’ai l’impression qu’il me ressemble car il est spontané, se nourrit d’émotions silencieuses tout en restant libre. Par ailleurs, j’aime beaucoup parler de “poésie visuelle” en raison de la beauté de la nature, des choses simples qu’on a l’habitude de voir et surtout dont on oublie le charme à force de voir ces mêmes choses quotidiennement. La poésie visuelle s’inspire justement du plus grand artiste qui est à l’oeuvre tous les jours : Dieu.

Le ciel et ses nuages qui ressemblent à des fines broderies, le coucher du soleil et son spectacle de couleurs qui s’éteint dans la lagune ébrié, les formes géométriques formées par la pagaie d’un pêcheur sur la surface de l’eau. Pour moi, cette beauté est semblable à une poésie oubliée que ma photographie célèbre. Je n’ai rien créé car le créateur s’en est chargé d’où le terme : Poésie visuelle.

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Pourquoi mettre en avant des questions environnementales pour cette première exposition ?

En toute honnêteté, la question environnementale est venu à moi pendant mon processus créatif. Depuis deux ans, je suis revenue de Montréal et j’aimais l’ambiance atypique de Blockhaus. J’allais à Blockhaus pour écouter des lives de reggae les dimanches, profiter de la vue aux abords de la lagune ébrié, partager un bon repas. Puis peu à peu, j’ai commencé à me lier d’amitié à deux ou trois pêcheurs qui m’ont présentés un aîné très respecté. Nous avions commencé à discuter de tout et de rien (les ébriés, la culture, les croyances, la pêche), et j’ai pensé à faire une série de photos sur les pêcheurs chez lui et il était totalement partant. Initialement, je souhaitais faire des mises en scènes avec des filets, et je me suis rendue compte que la lagune était sale. Aux abords, on voyait tout type de déchets échouer. Après nos premières séances, je regardais les photos que je trouvais pas mal, mais je repensais à ces déchets. Je me suis demandée si dans 15 à 20 ans, nous serons toujours aussi fières de parler de ” Perle des lagunes”.

La question environnementale est un volet parmi tant d’autres. Au-delà des poissons qui sont pêchés dans cette lagune, les filets déchirés par la ferraille, la pêche en tant qu’activité artisanale, il s’agissait d’admirer le beau et se demander ce que nous faisons pour préserver ce patrimoine pour les générations futures.  Je pense que cette première exposition essaie de créer des espaces pour penser et discuter de ces questions qui nous concernent tous. Au delà de la poésie visuelle: j’aime souvent dire que nous sommes pris dans le même filet, car ces questions nous concernent Tous. Enfin, j’ai la ferme conviction que même si l’art n’a pas besoin d’être engagé, l’art a sa place dans toutes les causes.

Crédit photo: Noella Elloh

Qu’attendez-vous de ces vernissages?

Après avoir eu le courage de “faire le pas”. Ces vernissages pour moi s’inscrivent dans un élan de partage. Il pourrait être vu comme une petite contribution patriotique d’une ivoirienne aussi amoureuse de la photographie que de son pays. En outre, peu importe le domaine, en tant qu’entrepreneure créative et artiste, c’est aussi ma façon d’encourager plusieurs artistes à sortir de leurs coquilles.  Je pense que la vie est courte et qu’il faut oser les passions qui rythment nos vies. L’art n’est pas élitiste, il est libre.

Rendez-vous le 07 /09 Novembre !

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