
Elles innovent, elles avancent : des jeunes femmes au cœur des métiers verts
Dans une installation solaire aménagée dans un conteneur à Abidjan-Cocody Faya, Ayé Nourah ajuste un panneau photovoltaïque sous le soleil de midi. Jeune entrepreneure dans la vente en ligne de produits alimentaires, elle développe une application de distribution de fruits, légumes, poulets et poissons, adossée à une chaîne de valeur fonctionnant à l’énergie solaire : points de vente, motos de livraison, équipements de conservation.
À Yamoussoukro, Koné Maimouna trace son chemin dans un univers encore largement masculin. Jeune femme dynamique et ambitieuse, elle se projette comme future entrepreneure dans le secteur minier, un domaine stratégique pour l’économie ivoirienne.
À Korhogo, Cissé Katié Mariam, jeune étudiante engagée dans la transformation digitale de l’agriculture, participe à sa manière à cette dynamique de modernisation. Son engagement illustre l’importance du numérique dans l’évolution des pratiques agricoles et dans l’accompagnement des producteurs vers des méthodes plus efficaces et durables.
Des trajectoires différentes, mais une même ambition : investir les secteurs d’avenir et contribuer activement à la transition écologique et économique du pays.
Quand la formation devient un levier structurant
Longtemps perçus comme réservés aux hommes, les métiers liés à l’énergie, à l’agriculture durable ou aux industries extractives attirent désormais une nouvelle génération de jeunes Ivoiriens, parmi lesquels de plus en plus de femmes. Cette évolution est soutenue par des programmes d’accompagnement et de formation appuyés par l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie Global Gateway.
Pour Ayé Nourah, l’accompagnement reçu a marqué un tournant décisif.
« DigiGreen & Agri m’a permis de mieux structurer mon projet, de tisser des partenariats directs avec des agriculteurs locaux, des partenariats fiables qui m’ont permis de mettre en marche cette activité », explique-t-elle.
Lorsqu’elle intègre le programme, son application n’en est qu’à ses débuts. « Nous étions à 10 % de sa création. Aujourd’hui, nous sommes à 80 %. »
Au-delà du développement technologique, c’est toute l’architecture de son entreprise qui se consolide : structuration de la chaîne d’approvisionnement, sécurisation des partenariats et intégration progressive de solutions énergétiques durables.
Le numérique, pilier de la transition agricole
À Korhogo, Cissé Katié Mariam s’inscrit dans cette dynamique en mettant le digital au service de l’agriculture. En tant qu’étudiante engagée, elle participe à la transformation des pratiques à travers les outils numériques, contribuant à moderniser la gestion agricole et à améliorer l’accès à l’information pour les producteurs.
La transition verte ne se limite pas aux installations solaires ou aux projets industriels. Elle s’incarne également dans l’optimisation des ressources, la diffusion des bonnes pratiques et l’intégration des technologies dans les chaînes de valeur agricoles.
À Yamoussoukro, Koné Maimouna incarne une autre facette de cette mutation. En se projetant dans l’entrepreneuriat minier, elle s’inscrit dans une logique où les ressources naturelles doivent être exploitées de manière plus responsable et plus structurée. Sa démarche reflète une ambition nouvelle : investir des secteurs stratégiques en y apportant rigueur, innovation et vision à long terme.
Des modèles qui transforment les représentations
Au-delà des projets eux-mêmes, ces parcours participent à une évolution des mentalités. Voir une jeune femme structurer une chaîne de distribution alimentée par l’énergie solaire, s’engager dans la digitalisation agricole ou ambitionner une carrière entrepreneuriale dans le secteur minier contribue à élargir le champ des possibles pour toute une génération.
La transition verte devient ainsi aussi sociale. Elle ouvre des perspectives d’autonomie économique, renforce les compétences locales et favorise l’émergence d’un leadership féminin dans des secteurs clés.
Pour l’Union européenne, cet engagement s’inscrit dans une approche de long terme. Soutenir la formation, l’innovation et l’entrepreneuriat, c’est contribuer à bâtir une économie plus résiliente, plus inclusive et mieux préparée aux défis climatiques.
Une transformation durable en marche
Derrière chaque programme, il y a des trajectoires concrètes. Derrière chaque initiative, des jeunes femmes qui redéfinissent leur place dans l’économie ivoirienne.
À Abidjan, Yamoussoukro ou Korhogo, ces initiatives témoignent d’un mouvement plus large : celui d’une jeunesse féminine qui s’approprie les enjeux climatiques, économiques et technologiques et qui entend jouer un rôle actif dans la construction d’un avenir durable.
La transition verte n’est plus un concept abstrait. Elle prend visage dans ces parcours, où innovation rime avec responsabilité et ambition.


