Le 22 juin 2024, le parlement sierra-léonais a adopté un projet de loi interdisant le mariage des enfants. Un pas historique pour la protection des enfants de Sierra Leone, plus particulièrement de milliers de filles, rendu possible par une action concertée initiée par une femme : Fatima Maada Bio, la Première dame.
En Sierra Leone, le mariage des enfants est un réel problème de société. Selon l’ONG Save the Children, 39 % des filles en Sierra Leone sont mariées avant l’âge de 18 ans, et 13 % avant l’âge de 15 ans. Elles se retrouvent ainsi privées de leur enfance, de leur éducation et des chances de construire un avenir meilleur.
Désormais quiconque provoque des mariages d’enfants encourt une peine d’au moins 15 ans de prison assortie d’une amende d’au moins 50 000 leones (2 000 euros). En plus de criminaliser les mariages précoces et forcés, le projet de loi souligne l’importance de l’éducation des filles.
Fatima Maada Bio, Première Dame et activiste pour la cause de la femme
Une avancée majeure qui est le fruit d’une lutte collective. En effet, des organisations de la société civile nationales et internationales, les ministères de tutelle et le Réseau des forums d’enfants ont tous joué un rôle significatif pour l’adoption du projet de loi sur l’interdiction du mariage des enfants. Et en première ligne de cette action concertée, la Première Dame de Sierra Leone, Fatima Maada Bio, militante acharnée pour les droits de la femme. Elle a elle-même été personnellement confrontée au mariage précoce. A 11 ans, elle a dû fuir son pays pour échapper au mariage avec un homme de l’âge de son père.
Après ses études et une brillante carrière d’actrice, son « désir profond de créer un changement positif » l’a poussée à s’engager pour la promotion des droits et de l’autonomisation des filles et des femmes, la santé publique et le développement social en Afrique.
« J’ai toujours pensé que la vie des femmes et des filles ne s’améliorerait pas par hasard. Elle s’améliorera par un changement intentionnel, et il y a beaucoup de choses à changer, en particulier en ce qui concerne la violence fondée sur le genre. »
Fatima Maada Bio, Première Dame de Sierra Leone
Le combat pour le bien-être des jeunes filles en Sierra Leone ne s’achève pas pour autant. Il est essentiel de veiller à ce que la loi soit appliquée et que les communautés soient éduquées sur les effets néfastes du mariage des enfants. De sorte à parvenir à un réel changement des mentalités et ainsi créer un environnement où les filles peuvent s’épanouir pleinement.



