Le Sénégal est riche de sa culture et de son artisanat. C’est indéniable. Dans un village de l’ouest du pays, à Ngaye Mekhé, des artisanes sont spécialisées dans la fabrication de paniers ne vivent pas de leur art. Leurs produits se vendent en Europe à prix d’or. Mais elles, n’en perçoivent que le dixième ou moins.
Les faits
L’affaire est révélée par nos confrères d’AJ+ Français.
Je suis en train de confectionner un panier que je vais revendre à 600 FCFA ou même 1000 FCFA avec les motifs. Normalement il coute plus cher. Pourtant, il faut toute une journée pour confectionner un panier. On fait ce travail mais on ne gagne rien
Fama N’diaye, artisane de Ngaye Mekhé
Ces paniers et sets de table confectionnés si durement sont pourtant revendus en ligne, en Europe et aux États-Unis, beaucoup plus chers.
Une exploitation organisée ?
Il y a beaucoup de revendeur qui viennent ici acheter les produits à des prix dérisoires et les revendent à dix fois plus cher en Europe et aux Etats Unis. Chose que je pense être une exploitation.
Matar Mohamed Baby, fondateur de Ngaye à Dakar (Concept store exclusivement réservé aux produits de Ngaye Mekhé)
En plus sur internet et dans une boutique en ligne basée en France, les produits sont vendus au prix fort. Par exemple, un panier de la maison Ngaye est revendu à 140€ voire plus. Alors que dans les environs de Ngaye, il coute entre 15 et 20€.
Cependant, les plateformes de revendeurs réfutent l’accusation ‘’ d’exploitation’’. Elles évoquent de grosses charge d’exportation pour justifier ces prix. Chose que conteste Matar Mohamed Baby, fondateur de Ngaye à Dakar.
D’accord, il y a des coûts à l’exportation. Mais cela ne justifie pas vraiment. Certains prix qui sont appliqués
Selon Matar Mohamed Baby, fondateur de la maison Ngaye à Dakar, la situation des artisanes est telle que certains fabricants risquent de cesser leur activité. C’est d’ailleurs pour cela qu’il milite pour que les femmes de Ngaye Mekhé puissent convenablement vivre de leur business.
Pour cela il suggère aux revendeurs, de leurs proposer des prix corrects et qu’une partie des gains soient reversés aux artisan(e)s d’origines.
Une mauvaise fortune partagée en Afrique de l’Ouest
Dans toute l’Afrique de l’Ouest, les artisanes font face à des défis économiques considérables pour vivre de leur travail. Malgré leur artisanat apprécié de tou(te)s, elles (les artisanes) sont confrontées à des difficultés telles que le manque d’accès aux marchés, la concurrence accrue des produits importés et des conditions de travail précaires.
Ces femmes courageuses luttent pour subvenir aux besoins de leur famille tout en préservant leur héritage culturel. Il est donc crucial de soutenir et de valoriser leur travail en offrant de meilleures perspectives de vie à ces artisanes et en proposant des prix qui sont à la hauteur de leur savoir-faire.
Nahadjenin Seleho



